l’hêtre à la lune

Les forêts d’hêtres du nord sont multiples. Celles trônant dans le sud sont rares, mais pour toutes, la période de l’hiver représente le moment idéal pour laisser s’exprimer les branches vibrantes du végétal. La terre initiale de l’existence.

Cette espèce de l’ombre, comme on l’appelle, resserre les liens des espaces verts. Tissant les toiles des chemins forestiers de mon adolescence, elle incrémente les racines et fertilise les nouvelles pouces d’une vie.

Cet arbre troublant, vaillamment présent au cœur des forêts, possède un feuillage dense qui sèche mais ne tombe pas. Il laisse se détacher son bois mort. Notamment celui qui ne fournira plus de nouvelles feuilles passé l’hiver.

Les forêts d’hêtres ont une étonnante façon d’offrir un abri pour décembre. Donnant un terrain de jeux protégé aux enfants, leurs branches se font souples et dociles alors que la majorité des autres arbres perdent leurs feuilles en novembre. Graciles et soufflantes, leurs branches de bois blanc ou brun caractéristique, se déplacent de façon construite et placé dans l’instant.

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L’ hêtre est le plus grand et s’élève jusqu’au ciel. Reconnaissable parmi tant d’autres, la douceur de son bois lisse est utilisé pour mille réalisations d’ébénisterie. Des plus simples aux plus complexes. Des jouets d’enfants gâtés aux buffets de familles aisées.

J’aime la reconnaissance de son existence, autant que la spécificité de sa normalité.

Contrairement au chênes puissants et vigoureux, les forêts d’hêtres resplendissent d’une simplicité persistante. J’aime la robustesse de cet arbre se différenciant implicitement de la rudesse du chêne. Trapu et biscornu.

Pendant longtemps, j’ai marché le long des allées que m’offrait la forêt du bout de ma rue. Toujours la même, mais différente à chaque changement de saison. Les chemins ont changé de représentation. Façonnés au gré de la croissance des sous bois, ils se sont différenciés plus qu’ont ait voulu les tracer. Fabuleuse nature, fascinante matière vivante. Première.

Apaisante et tranquillisant mon esprit fou, la suprématie des arbres parvient à elle seule à dominer ma jolie concubine. Revitalisant l’intégralité de mes cellules, au moins pour quelques heures.

À mon retour, la lune me faisait face. Immensément ronde, la proximité avec cette magnifique planète fut surréaliste. Englobant en son cœur les deux axes de l’autoroute, il me semblait avoir été happée par sa chaleur impromptue. Comme un soleil né en pleine nuit, sa démesure me fit douter de sa réalité.

Pendant de longues minutes je l’ai observée. Ne sachant plus si je rêvais ou bien si elle m’offrait en pleine face la route d’un évident destin. J’ai écarquillé les yeux plus d’une fois et je me suis laissée guider par sa lumière. À mesure du chemin, elle disparaissait derrière les montagnes. Et moi, négligemment, je zappais chacune des stations de radio du tableau de bord. Hésitant joyeusement entre douce nostalgie et excitante techno. Volume au max, sournoisement provoquant au silence de la solitude.

À mon retour j’ai compris la constance du système solaire. Et les paradoxes des éclipses solaires/ lunaires pour courir vers la vie. Aimer sous couvert d’être aimé. Et l’inverse. La persistance de notre tout. Ensemble.

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