nina, sonia, mon cœur et les autres.

Ils avaient perdus les traits lumineux qui les differenciaient des autres. S’engouffrant dans le monde virtuel des machines, leurs yeux ne voyaient plus la lumière du soleil. Ni n’en ressentaient sa chaleur.

Abandonnant sur le chemin, leurs enfants devenus grands, aucune terre ne semblait leur convenir vraiment.

Divagant au gré de marâtres autoritaires et fanées, ou implorant les éléments obscurs du ciel de leur donner un abri chaleureux.

Pourtant, durant toute une vie, il leur semblait choisir les bons chemins. Argent, pouvoir, autorité, obéissance, abstinence, ou profusion, leur avaient fait perdre leurs rêves d’enfants.

Leurs yeux s’étaient clos face à la fumée bleue des nouvelles machines, et leurs oreilles n’entendaient plus le chant fluet des oiseaux.

Leurs pieds foulaient mille lieues mais leur tête restaient embuées dans un brouillard dense et profond.

Étonnamment, ils s’étaient tout deux rapprochés d’un désir d’océan. Mais le bateau restait inlassablement à quai. Peut être qu’inconsciemment, détacher la corde de la bite d’amarrage les effrayait au plus haut point.

Ils avaient perdu leur prénom et même leur nom; ils ne se doutaient même plus de l’origine du temps. Vacants à leur expertise de grand stand-up, ils avaient fini par ne plus voir les fleurs du balcon ni les arbres de la forêt qui traçaient la route.

Nous regardions, elle et moi, observions étonnement cette cage de verre dont ils n’arrivaient pas à casser la base. Le souhaitant même seulement ?

L’intelligence suprême qu’ils avaient vaillamment, savamment développé durant tant d’années, venait à leur manquer maintenant.

Coincés dans l’absurdité d’un monde obstrué, ils n’entendaient plus les milliers de cris d’alerte lancés par les petites cellules du cerveau, du cœur ni même le souffle du vent. Les avaient ils déjà écoutés ?

Elle et moi continuions d’avancer. Sans combat mais destinées à absorber le rêve de notre ligne floutée. La route s’était élancée. Et le chemin de pierre avait laissé place à l’immensité.

Allégées de contraintes et sans doute en lumière, notre lien s’était resserré. Elle me caressait le visage avant de s’endormir pendant que je lui racontait les couleurs de la nuit.

Je lui parlais d’arc en ciel et de perles, et je crois que ma voix la berçait. Elle lisait dorénavant dans le fond de mes pensées et je prenais ma force d’elle. Doit on passer ce stade de mort subite pour commencer à vivre ? Et renaitre ?

Elle m’a écouté développer pendant des heures. Voudrait partager chaque instant de vie. Déjà, je lui ai dis, tu m’as épousé pour la vie. De quoi pourrait on rêver d’autre ?

Libres et sauvages. Incompréhensible à tout venant. Évident pourtant.

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