celle-là sepourmoi

Et puis un jour j’ai compris. Cette maladie neurologique insidieuse nommée la SEP avait choisi d’envahir mon corps pour me faire réagir.

Ou m’ordonner d’agir plutôt.

Confrontée quotidiennement à de multiples virus environnant, je n’étais plus moi. J’avais perdu le chemin de la vie.

Oubliant la personne que j’étais enfant. Insouciante et enjouée.

Inconsciemment ou sournoisement forcée, j’avais :

Oublié mes rêves.

Brûlé mes envies.

Refoulé mes idées.

En observant le portant d’acier devant moi, j’ai souri inocemment ce matin. Les quelques robes colorées accrochées aux cintres dépareillés, sont négligemment mélangées à toutes les autres, noires.

Longues, courtes, à volants, à bretelles, décolletées ou en dentelle, de soirée ou juste habillées, j’ai pensé qu’elles me ressemblaient toutes. Chacune d’entre d’elle a une histoire. Retraçant impérieusement une petite partie de vie.

Une tranche de moi mélangée avec un bout des autres.

Elles respirent encore le parfum d’un passé continu. Plus communément le  »passé composé ».

J’aime à penser ma SEP de cette façon. Un peu d’avant mélangé à un morceau de maintenant, pour faire un tout demain. Que j’apprécie déjà déséquilibré.

Savoir ce que l’on a vécu, vouloir ce qu’on ne savait plus, vivre ce que l’on a jamais su. Complexe ? Réaliste ? Objectif ? Je pense que oui. Bien sûr !!!

Tout ces tissus côtoient le seul fleuri. Lui-même situé prêt de celui en daim ; et je dois encore repasser les carreaux et celui avec des bateaux. Ensemble réunies, les matières distinctes de ces robes m’obligent à me remémorer les talons que je n’ai jamais porté.

N’étaient ils pas déjà une première contrainte dans ma vie ? je me l’affirme dans l’instant.

Bien que n’ayant jamais été un garçon manqué, j’avoue qu’ être entourée d’hommes m’a toujours rassurée. J’aime imaginer qu’ils peuvent me protéger, m’enseigner, m’écouter, me parler, me désirer, m’encourager, m’admirer, me séduire, m’attendre, me souffler, me provoquer.

Les talons représentaient là une première contrainte à l’ émancipation du statut octroyé d’emblée à la femme que j’étais devenue. Soumise et posée. Rrrrrrrrr. Mais ce n’était pas le vrai moi.

À plat, tu cours, tu sautes, tu grimpes, tu danses, tu marches… longtemps et sans engagement. Tu es à hauteur de l’autre. Tu te mets à portée de……un baiser, un regard, un souffle, un sourire, un mot, un chuchotement.

Ma taille était profondément liée à ce ressenti. Prouver le bien fondé de mes actions sans utiliser aucun subterfuge me grisait intensément.

Une femme ne devrait pas être considérée comme un simple objet de décoration. En représentation perpétuelle ou en valorisation de son conjoint…

Comprenant et acceptant volontiers le pouvoir fétichiste des escarpins vertigineux, je me suis souvent demandée si la gente masculine était complice d’un tel supplice ?

On n’est pas si loin du sujet initial finalement. Doit on se plier à la contrainte et aux diktat que la société moderne nous impose ?

Une amie que j’aime beaucoup, est obligée de porter ce type de chaussures et une robe moulante dès lors qu’elle sort avec son mari. Étrange complicité. Je ne comprends pas ces rapports humains. Les ai-je déjà compris un jour ? Une autre accepte d’être trompée, juste pour pouvoir se garantir un environnement privilégié dans les quartiers riches et huppés de sa ville. Je suis hors contexte et stupéfaite. Mais je peux comprendre. Chacun navigue avec ses propres convictions.

Alors la SEP m’a au moins appris ça : aimer différemment. Mon corps, ma tête, mes défauts, mes défaillances, mes handicaps. Elle m’a enseigné la patience et la tolérance. L’acceptation des vices qui me construisent ou l’ambivalence de mes réflexions.

C’est étonnement drôle d’ailleurs. Aujourd’hui, si j’effectue une action contraire à ma volonté, ma jambe se dérobe et se raidi instantanément. Dans une symbiose suffoquante. Je l’ai observé dernièrement.

J’aime la médecine chinoise pour ces raisons : soigner le mal avant qu’il ne s’installe. Car je revendique l’idée d’une action enclanchée en amont pour un résultat convenable.

Un peu plus de 10 ans après que ma jolie concubine se soit installée dans l’antre de mon cerveau, inflamant périodiquement sa myeline ou celle de ma jambe; elle m’alerte systématiquement des excès.

Dans une espèce de vase clos communiquant, les répercussions en deviennent récurrentes. Et vous ?

En rééquilibrage perpétuel, je me serai laissée partir si ma jolie concubine ne s’était imposée. En tirant un signal d’alarme invisible, elle a investi l’intégralité de mon enveloppe charnelle. M’imposant une réactivité immédiate.

En m’obligeant à m’émerveiller de chaque instant, profiter du temps donné, m’affranchir des barrières déposées, elle s’est installée dans mon antre et m’a ouvert les yeux.

Vous faire savoir que cette maladie n’est pas qu’un obstacle, m’importe obstinément. Elle peut devenir un tramplin. Savoir que vous le faites aussi pour moi en retour m’élève.

Par exemple, je souhaitais arrêter d’écrire, mais je me suis aperçu qu’ Écrire était le meilleur moyen pour transgresser les règles.

Car quoi que l’on veuille nous faire croire, il n’y a pas qu’un seul ouvrage à rédiger dans une vie, mais plusieurs tomes à produire.

Tel un feu d’artifice, les couleurs de tout ces mots déposés explosent dans chacun des chapitres consacrés. Certains illuminent, d’autres éteignent, mais nous devons continuer à allumer les mèches.

À aucun moment, la pluie ne doit étouffer le feu. Ni clore le manuscrit.

J’aime cette idée de perpétuité avec toi. Tu es le fil rouge qui lie nos âmes et nos cœurs entre eux. Intarissables, inaltérables, inaliénables. Uniques et complémentaires. Comme une enfant, tu m’as fait aimer les explosions merveilleuses, redécouvrir les couleurs vives ou illusoires, attendre les souffles impactants, écouter le rythme d’un battement. Et juste pour vous sentir étonnés à côté de moi, je garde une flamme allumée dans la paume de la main.

Un feu, ma vie, pour toi, pour elle(s), pour eux. L’immuable rotation d’un système déployé. Ma chère SEP, mon amie maudite, mon binôme d’autres vies.

 »Aujourd’hui la vraie révolte c’est la poésie » disait souvent Tristan.

À trop aimer.

Alissa Wenz

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