lâche, lumière et disjoncteur

Il n’aura fallu que quelques heures pour que la lumière soit faite sur les origines de la sombre histoire de la SEP. Mon histoire avec la SEP.

De retour à Paris pour soutenir les douleurs de la mama, je retrouve sans aucun plaisir la noirceur des quartiers à l’avenir souvent bouché d’entrée. Sombres et déprimés.

Le jardin de mon enfance est fleuri à outrance mais le ciel demeure toujours aussi plombé et gris. Lourd et pesant tel l’acier. Le grand escalier en bois me paraît désormais bien petit et la chambre bleue s’est redessinée en une alternance de blanc cassé, blanc pur et mauve. Tantôt rayé, tantôt poudré. Une réelle bonbonnière. La maison en elle même est devenue une réelle maison de poupée. Prête à être vendue.

Les messages renvoyés par chacun des pans de mur appellent aux souvenirs d’un autre temps. Une chape de plomb pour moi qui en suis partie pour cette raison il y a 30 ans de cela.

Chaque objet trop chargé de sens, s’impose à mes yeux. J’ai déjà envie de rentrer.

Un ex est déjà revenu me ressasser les mêmes ritournelles et la vieille radote de plus en plus. Devenue sourde, elle est quasiment sur le point de lâcher prise et je sais déjà que je n’aurai plus grand chose à échanger avec elle.

C’est un peu troublant de s’apercevoir qu’ils ont déjà tout préparé. Celui des deux qui restera viendra vivre prêt de nous au soleil. Je continue à écouter mais je suis ailleurs. Déjà repartie chez moi.

Le père semble dépassé par le désir de la soutenir jusqu’à la fin, ou voir vers l’avenir comme moi. On boit et on mange à foison comme en relas des jours passés. Un peu sinistre. Les photos des petits enfants ont remplacé celles de leur fille sur chaque meuble de chaque pièce.

Ils représentent maintenant le seul rayon de soleil d’une bâtisse devenue étrangère pour moi. Ce sera le seul fil conducteur qui me permettra de supporter les jours trop longs prévus ici. Les transformateurs.

La chienne a vigoureusement repris ses courses folles dans le jardin détrempé et les guides touristiques trônent désormais dans la bibliothèque de ma chambre. Ils ont remplacé ceux d’histoire et les cahiers d’école. Garder les images du passé, quel intérêt si la mémoire oublie ?

Le placard qui a abrité mes premières expériences secrètes est envahi de vêtements d’un autre temps. Mais la lumière vue du lit est toujours envahissante. Comme la seule lucarne de vie dans cette prison dorée.

Ma jolie concubine a gentiment laissé sa place à une magnifique migraine. Et seule la forêt désormais pourra me faire parvenir l’air pur qu’il manque ici. Mes amies d’enfance et ma belle binôme de rire aussi. J’ai hâte.

Magnifique confrontation des temps. Un passé décevant versus un demain très brillant. Ne m’en doutais-je pas déjà ? Certainement. L’hypersensibilité exauce les rêves, le corps n’en est que le simple transmetteur.

Le plus lourd fardeau c’est d’exister sans vivre

Victor Hugo

https://youtu.be/5ger8PgN-Os

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close