terre l’asile

On se dit souvent de ne jamais faire marche arrière. Toujours aller de l’avant reste nécessaire. Accepter les chutes pour mieux se relever. Comment pouvoir l’envisager comme tel si votre corps est imperméable ?

La maladie, jolie concubine, enseigne la douleur avant d’envisager le combat. Elle devient l’unique cause de renaissance. La raison simple d’une réflexion différente. Une nouvelle appréhension de soi face à l’autre. Puis la compréhension de soi face aux autres.

Retour sur les souvenirs d’enfance. Premier weekend chez les grands parents. Là bas, dans le froid, le brouillard et le bruit des voitures. Les hommes pressés et le béton en surcharge. Si j’avais pu imaginer un jour, remonter là haut les bras grand ouverts et le cœur chargé de soleil. La réponse aurait été ferme et cloisonnée.

Pourtant cette idée m’ensorcelle. Tant de souvenirs à respirer. Fougueusement condensés en quelques jours.

Le grand jardin fleuri, la petite chienne folle, le grand escalier en bois qui mène à la chambre.

Pouvoir récupérer les premiers cahiers d’écriture. Quelques photos argentiques. Je crois que le lit et le papier peint ont été changés, mais je me verrais toujours là sur le fond bleu marine. À cette époque où la vie commence à se construire. Les chemins se dessiner, les routes se croiser.

Sans nostalgie, la hâte de pouvoir soulager la vieille mère affaiblie, enthousiasme ce retour au passé. Incongru presque précipité.

Mais devenir pilier de la transmission orale représente un nouvel ouvrage majestueux pour mon fils et cette famille décousue.

Alors, cette fois ci, je reviens grandie, plus forte et débarrassée des douleurs passées. Retrouver les amitiés d’avant, les copines de tout temps, et le Paris troublant des quartiers merveilleux du jazz oublié.

Les livres ont ce pouvoir suprême d’être écrits pour être lus. Au plaisir de les avoir rangés dans la bibliothèque cassée de ma tête, je me delecterai de pouvoir les rouvrir cette semaine. Avec l’extrême joie de pouvoir en écrire d’autres.

Il y a des amours qui ne te decevront jamais, parce qu’ils ne t’ont rien promis mais te donneront tout.

Augustin Degas

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