aesthetic junction

L’hôpital situé un peu plus haut dans la rue, avait essayé de soigner la vieille femme quelques années auparavant. Eux savaient déjà qu’ils ne finiraient pas dans cet endroit embaumé par l’odeur de vide putride.

Plus bas, nous attendions devant la maison d’Angélique. L’ institutrice qui nous avait appris les bases du savoir, avait toujours été un exemple pour nous. Elle nous avait enseigné les différences entre Penser, réfléchir, être, paraître et devenir.

Ces cheveux blonds toujours impeccablement coiffés, descendaient en cascade le long de son dos. Elle prenait soin, chaque matin, de les poser délicatement sur le devant de ces épaules bombées.

Très grande et plutôt fine, elle avait le port de tête altier d’une cavalière. Elle se déplaçait avec la prestance de Lauren Bacall et s’exprimait avec le ton rauque de Fanny Ardant. Elle imposait tant de respect que de désir.

En bas de la rue, un garçon fluant s’activait tous les matins pour être à l’heure à l’arrêt de bus. Cheveux longs, blouson de cuir usé, un sac négligemment porté en bandoulière. Invisible et semblant aussi léger qu’une plume. Son corps paraissait presqu’autant démantibulé que désarçonné. Chétif mais pourtant séduisant, il semblait toujours avoir perdu son chemin. Ignorant visiblement la raison pour laquelle il devait prendre ce bus matinal.

Des voitures d’un autre temps étaient stoppées au carrefour. Les conducteurs grommelaient de peur d’arriver en retard à un job qu’ils avaient malheureusement appris à vénérer. Pris par un système qui leur avait ordonné d’obéir, s’ils voulaient réellement réussir.

Ils nous regardaient presque tous de façon insistante. Cela nous semblait durer une éternité. Devoir rester statiques, incapables de se déplacer pendant qu’eux nous dévisageaient durant toute la durée du feu tricolore. Certains avaient pris l’habitude de se caresser l’entrejambe pendant ce laps de temps imposé par la pause du feu.

Nous, immobiles, tentions d’ imaginer leur vie. Ceux qu’ils avaient laissé le matin, leur femme, leurs enfants, leur travail. Effrayées dans un premier temps, nous apprîmes vite à les ignorer, puis les regarder d’un air dédaigneux. Autant flattées de leur susciter de telles envies, que de leur profonde déchéance à se rabaisser au statut d’animal. Nous primes rapidement pitié d’eux.

Engoncés dans leur chemise froissée, leur cravate affichait souvent leur manque de goût évident. La crasse accumulée sur le capot de leur voiture, les rangeait au rang de  »beauf » vulgaire. Cette évidence marquait quand à elle, leur manque d’esthétisme flagrant.

Nous apprîmes à rire de leur faiblesse de fonctionnaires frustrés. Sachant effrontément que nous avions l’intégralité de la vie devant nous, alors qu’eux allaient vers la fin.

Elle se confia un soir, avouant que sa beauté impressionnait les garçons. Nombreux demeuraient impuissants face à son regard de sorcière. Elle avait commencé son combat féministe bien plus tard. En grandissant, elle s’était retrouvée très gênée que son père l’embrasse sur la bouche devant nous. J’appris après, qu’elle aussi devait se battre à l’époque avec son handicap.

Un matin, un vieux père de famille avait osé se masturber sur le siège du RER devant elle. S’en fut trop. Personne ne s’interposa dans la rame, recroquevillés sur leur siège. Sûrement pétrifiés eux aussi. Elle en vomi en descendant du train. Un peu plus loin à la sortie de la gare, juste avant d’arriver en cours. À cette époque, le sexe n’était pas aussi invasif que de nos jours.

On en ri joyeusement maintenant toutes les deux. À notre premier voyage à Amsterdam quelques années plus tard, l’image nous a foudroyée.

Des femmes derrière des vitrines, quelques unes magnifiques, des poupées, d’autres défoncées, dépravées, vieilles mais aguicheuses à souhait, se laissaient regarder, observer, se donnaient. Se vendaient.

Même enfumés de marijuana, les garçons de la bande trouvaient ça moyen. Hésitant entre les trouver malsaines ou désirables. Surréaliste.

La vie elle même semble surréaliste depuis lors. Confrontée entre la vivacité des couleurs générées par mon cerveau lorsque je regarde le monde, et la noirceur du regard des gens.

Le handicap impose de s’opposer à soi même. Bien que le corps et l’esprit doivent s’accorder. La SEP est la plus évidente manifestation de cette confrontation perpétuelle entre la dissonance du corps et du cortex.

Lorsque l’on doit vivre ce combat à chaque instant, on ne vit que l’instant présent. J’oublie ce qui m’a fait du mal, et je régénère inlassablement des moments de bonheur. Demain est encore loin, maintenant j’écris je vis, je pense à nous, malades guéris. Les fleurs du balcon ont commencé à fleurir. J’admire avec émerveillement l’intensité de leurs couleurs. Mais il est encore trop tard pour écrire maintenant.

L’amour est une rose,

Chaque pétale est une illusion,

Chaque épine une réalité.

Charles Baudelaire

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