l’aRe-i-ne

Construire dans l’unité ou penser multiplicité. Est-ce compatible ? Praticable ? Complémentaire ? Un poète écrit pour libérer son cœur, partager ses souffrances. Un politicien parle, lui, pour s’élever au rang de leader du peuple préférant lui même, le plus souvent, se laisser guider, amadouer.

Par un regard doux et des mots subtils, l’orateur -à l’exceptionnelle éloquence- parvient toujours à atteindre son objectif.

La population, quant à elle, en attente de réponses à son propre questionnement, se retrouve alors engluée face à des concepts la dépassant. Elle est un cobaye parfait, et les nombreuses stratégies démagogiques demeurent, de fait, parfaitement incomprises par elle.

Le peuple reste circonspect et aveugle face aux doutes et à la lassitude des différents discours exposés.

Pendant que l’artiste donne son corps en dévoilant son cœur, ou le contraire; le politicien -lui- impose des idées à ces citoyens avides de réponses. Devenus alors eux mêmes beaucoup trop individualistes voire complaisants.

Rigoureusement attentive à chacun des mots énoncés, la foule tente de se fonder une vie plus douce. Plus belle, ou du moins réelle. S’abreuvant avidement des promesses transcrites par les hommes d’en haut.

Mais les similitudes dérangent et la simultanéité questionne.

L’âge seul, 2 chiffres accolés, devient dès lors, témoin d’une vie désaxée. L’expérience enfin racontée à l’autre. A déglutir ses envies ou ses plaisirs cachés, juste pour répondre, de façon un peu humble et intuitive, aux pantins démembrés. On va voter, on choisit ou on se rebêle, on s’exclu.

Les uns étalent leurs mots, leurs couleurs et leurs notes, pendant que les autres crient leurs ambitions et leurs rêves de pouvoir. Ne sont ils pas tous Hommes et Femmes en recherche d’amour? Etre aimés et reconnus pour leur pensée ? Leurs actes ?

Malheureusement, la pudeur flagrante d’un estomac noué de l’angoisse d’une rencontre ou le cœur ouvert qui palpite ne sont ils pas les seuls indicateurs de l’ amour vrai ? Celui d’une peau qui ne sait reconnaitre que les mains du seul autre. Ou la douceur unique de son baiser identifiable entre mille. Avons nous été bernés, ou nous sommes nous reconnus dans l’attrait de l’unicité ? Jouant malencontreusement aux massues tendues par les clowns et colombines du cirque de l’assemblée?

Comme l’émotion ultime que procurent les notes justes. Poussées à leur maximum ou juste posées là. Celles qui font les poils se dresser sur les avant-bras et se gonfler un torse émerveillé. Le petit peuple s’émerveille toujours d’un rien.

En cherchant bien, on s’aperçoit que la seule représentation que donne l’homme d’état est elle aussi, à l’origine de mouvement idéologiques insolents.

Alors, qui croire ? Le fou qui divague, le poète qui rêve fort, le pantin qui disloque ou le politique machiavélique, la chanteuse meurtrie, la danseuse éblouie ou le musicien brisé ? Et si tout n’était qu’une question d’émotion, de peau transcendée ou de ventre passionné. Un rapport à l’autre tourmenté, presqu’autant que bestial. Car Machiavel aussi est devenu central.

Il y a deux manières de combattre : l’une avec les lois l’autre avec la force. La première est celle des hommes la seconde celle des bêtes. Mais comme très souvent la première ne suffit pas, il est besoin de recourir à la seconde.

Nicolas Machiavel
Le Prince (1513)


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