sevan, natacha et le marché aux couleurs

La moitié d’une vie dans le noir, l’autre moitié en pleine lumière. Éblouie que tant de couleurs explosent à mes yeux si violemment. La pénombre rend aveugle. Le soleil éclaire chaque pas.

Cette sensibilité devient déroutante.

Goûtant patiemment chaque seconde s’écoulant, le plaisir suprême d’écouter les oiseaux chanter, fait vibrer la moindre cellule vivante.

Le calme devient presqu’autant jouissif que le Bluetooth de la voiture poussé à l’extrême des hauts parleurs. Aucune voiture sur l’axe rectiligne de l’autoroute ni sur le rond-point asséché de l’artère centrale de la ville. Seuls les bus et autres navettes circulent. De l’air. Du vide. Certains diront que c’est une image de mort, je dirais que s’en est une de renaissance. Seule manque l’eau jaillissante de la fontaine centrale . La vie semble s’être arrêtée alors qu’elle est juste apaisée.

Au pied de la fabuleuse allée bordée d’arbres, seuls les pavés réfléchissent la puissance de la planète de feu. Tels de multiples paillettes sur les sequins d’une robe disco. De quoi halluciner.

Impossible de savoir finalement si toutes ces informations retranscrivent une fin de guerre ou le début du prochain combat. Tous vaillamment cachés. Tout judicieusement organisé.

Les tables alignées en rang d’oignon, les chaises empilées, l’odeur du café; hésiter entre devenir le voleur d’un trésor caché ou seul maître de la préciosité de l’instant. Étrange et fugace. Hommes et femmes paraissent s’être dissimulés où peut être sont ils prêts à monter au front ?

Leur camouflage a par la même, éclipsé les rires des enfants. Les allées et venues des derniers passants survivants, ralentis, confortent dans le doute d’une bataille imminente. À moins qu’ils ne soient simplement les premiers. Nous l’envisagerons plus comme une trêve, une parenthèse ouverte du temps.

Image rare autant qu’exceptionnelle.

Seul l’expresso serré avalé avec amertume et délectation, confirme qu’il s’agit bien d’une réalité . Presqu’augmentée. Je vide le sachet de sucre dans les 2 centimètres de café, noir et brûlant, décidément trop serré de si bonne heure.

Le marché hebdomadaire a été annulé à cause de la crise sanitaire, mais nous parvenons malgré tout à croiser 2 ou 3 riverains désabusés. Trop fatigués du vide et du silence lourd, devenu oppressant, de leur ville.

Une mamie très voûtée, tire son caddie péniblement, nous choisissons de l’interpeller. Elle nous indique un autre marché dissimulé à une centaine de mètres. Et dévoile celui aux fleurs deux rues transversales plus loin. Déjà trop loin pour moi.

Derrière son masque nous apercevons ses yeux joyeux mais éprouvés. Légèrement aigrie, ces mots demeurent pourtant très chaleureux. Elle est classe et plutôt chic malgré la fraîcheur de l’aube.

Écouter le minuscule clapotis de la seule fontaine restée ouverte devant nous, me trouble méchamment. L’eau me manque tellement. Ses pas guident les miens, je suis sûre que certains pensent que nous sommes en couple. Ça nous amuse ouvertement.

Arrivés au petit marché, premier ébranlement cérébral. 10 000 couleurs s’entrechoquent. Un épicier incroyable propose des dizaines de saveurs locales , quelques unes internationales.

Elles sont toutes minutieusement étalées sur une table d’au moins 5 mètres sur 2, dans une centaine de plats creux accompagnés eux-mêmes de cuillères en bois coloré. Les odeurs viennent chatouiller nos sens. De l’anis vert, de la cannelle, de la cardamome, de la coriandre beige clair. Les currys et safran jaunes, les poudres d’agrumes orangées, les poivres noirs, les mélanges épicés pour tajines rouges et les indiens vermillon. N’avais je jamais vu où n’avais je jamais regardé ? Peut être n’avais je jamais pris le temps.

Un tout petit peu plus loin, le rouge vif des fraises attire le regard. Tomates, asperges, salades, radis, melons, carottes rivalisent d’éclat. Mais l’odeur des jolies gariguettes fait céder mon âme d’enfant.

Quelques pas encore plus loin, la luminosité commence à caresser les devantures des hôtels particuliers et autres demeures sculptées, témoins d’un autre temps.

Les portes cochères affichent des dates oubliées 1827, 1750, 1902. Du bois poncé et moulu et du fer forgé entremêlés. Elles semblent monstrueusement lourdes et au moins aussi larges qu’une traverse de chemin de fer d’antan. Ma jambe obéi scrupuleusement à chacune de mes demandes, à moins que le cœur ait décidé, une nouvelle fois, de me porter.

Tout est merveilleux dans les villes qui racontent des histoires. Celles-ci me rassurent parce qu’elles expliquent les rêves déroulés les nuits d’avant.

S’enivrant goulûment de toutes ces images qui sautent aux yeux, nous restons finalement perplexes de l’instant. Devenu lui même plus contradictoire que surréaliste.

Sérieusement, comment ignorer l’état de grâce d’une balade très matinale au cœur des marchés, ici ? En apothéose, celui aux fleurs fini la transcendance. Une palette de couleurs déployée là, creuse encore plus l’étrangeté du moment.

Je voulais des giroflées orangées rouges mais les renoncules encore en bouton me font chavirer. Toujours dans l’idée qu’elles proposent à elles seules, demain, encore au moins cinq autres couleurs différentes de celles qu’elles offrent aujourd’hui.

Les fleurs ne sont-elles pas les plus jolies représentantes du cercle de la vie ?

Encore fermées, en bouton, elles sont quasiment inodores et discrètes. Puis, au fur et à mesure de leur éclosion, elles diffuseront un parfum doux et subtil. Jusqu’à finir par embaumer joliment, l’endroit où elles ont été accueillies.

On a beaucoup marché finalement, ma jambe et mon cœur ont suivi, ma tête a volé. Ensemble, on se sent toujours plus fort, comme porté. Le tour de la ville à flâner, discuter, rigoler, se remémorant les fois où l’on a fait découvrir notre pub préféré, caché, à quelques amis choisis. Mais il y a toujours quelqu’un qui manque. L’autre, celui dont on ne parle mais qui transpire à travers chacun des pores de notre peau.

Même sensibilité extra sensorielle. Lui non plus ne parle pas, mais j’entends tout ce qu’il raconte. Tout le temps, partout. Il me ressemble tellement.

Sur la route du retour, une renoncule du bouquet a commencé à s’ouvrir. Le fin sachet en papier qui protège les fraises n’arrive même plus à contenir leur parfum.

Perdus dans nos pensées, c’est moi qui fini troublée qu’il me propose de partager sa playlist de rap. Très intime. Trop personnel.

Flottant entre des sphères vagues mais régulières, les ondulations de celles-ci confortent notre apesanteur. Et il vole avec moi.

La mamie de l’au-delà se laisse partir. Inutile d’en parler au risque de déchirer l’espace. Elle aussi pourtant adorerait embarquer. Mais plus personne ne veut prendre le train. Ils me font rire tous. Ils préfèrent voler ou gérer l’autonomie offerte par la route pailletée. Il faut dire que les cymbales délaissées en chemin continuent de vibrer sporadiquement. Les entendent ils ?

La complexité avec les gens que l’on aime, est de savoir s’ils sont ceux que l’on porte ou bien si ce sont eux qui vous élèvent. Les jambes coupées mais des rêves à profusion, la petite carte rqth n’aura jamais servi à rien puisque le bonheur demeure toujours entre nos mains.

Si lui préfère les animés, et eux marquetaient la renaissance, les mots que j’écris au milieu d’eux paraissent souvent désaxés. Alors que le graphisme de ces derniers étaye pourtant nonchalamment chacune des lignes de leurs dessins. Famille d’artistes affranchis du destin.

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