mnazi

La relativité est une notion abstraite. Telle la douleur, la faim ou le froid. La sensibilité personnelle seule interagit avec les éléments. Lorsqu’il a parlé de la relativité de l’équilibre, reconsidérer la vie fut une éclaboussure totale. Le binôme que la SEP imposait paraissait effrayant.

Puisqu’elle ne partirait pas, il fallait bien apprendre à l’accepter, l’aimer. Souhaiter quelle demeure douce avec moi devint une priorité. Apprendre à aimer. Aimer n’est-il pas accepter l’autre, qualités et défauts inclus ? Vices et charmes ?

Se tromper, se dévoiler, se tolérer et se partager. Partager. S’ouvrir et se donner, apprendre et écouter, caresser et élever. Libérer et rire.

Lui n’était que le simple médecin du travail, d’un simple boulot transitoire, lui même inhérent à une reconstruction individuelle, devenue nécessaire.

Oublier, perdre son équilibre, tomber, trébucher. Des notions qui restent complémentaires cependant : la mémoire et le mouvement. N’est ce pas grâce à eux que la vie prend tout son sens ?

 »Vous souvenez-vous de la date de naissance de vos enfants ? » me demanda t’il. Oui lui dis-je.  »Faites vous du croquet ? ». Non.

Alors voilà, il faut admettre l’affirmation objective d’une mémoire exclusivement sélective.  »Vous ne retenez que ce que vous jugez vraiment important pour vous ».

Il paraît que les derniers instants de sa vie, on voit défiler les plus beaux moments de celle ci. Hors de propos maintenant . Et de rajouter, pour me rassurer ; que lui même ne faisait jamais de vélo, et qu’il était heureux de cette abstinence.

Fier, il osa même avouer qu’il prenait un réel plaisir à exercer ce poste de fonctionnaire à la CPAM locale, déclassé, sous payé, dévalorisé. Il me permis de réévaluer les priorités d’une vie, la mienne, déjà bien amputée psychologiquement.

Parce qu’avant d’avoir à vivre avec ma Jolie, tout paraissait important. Très. Trop. Tout le temps.

Respirer différemment, du ventre vers la poitrine, permet d’ouvrir ses chakras et faire circuler ce qu’il reste d’air dans son estomac. Bon sens et impartialité pour canaliser. Apprendre la résilience termine de faire basculer son être, du superficiel à l’essentiel.

Je me suis souvenue cette fois là, du petit gobelet en terre cuite apporté par un gamin rencontré sur la plage. Le verre était plein et de fines bulles frémissaient au dessus du liquide trouble et jaunâtre. Quelques pucerons semblaient barboter à la surface. Et sur le bord, une petite paille en bambou reposait, entourée de mouches épaisses et noires. Le gamin devait avoir 15/16 ans ; il proposa de goûter cette boisson typique locale. Mombasa, Kenya. Début d’été.

Assis sur les racines d’arbres joliment enchevêtré par le vent, on a fini par accepter de tester ce breuvage suspect.

Amer et fluide, le goût de cette boisson s’avéra plus que surprenant. Douteux et sans saveur, ni sucré ni savoureux, le pourcentage d’alcool de cette décoction dominait largement son goût.

1 ou 2 heures après, les yeux brillaient et les sourires rayonnaient sur les visages.

Quelle année déjà ? 95, 96 premier voyage, déplacé, pour oublier les rêves cassés . Magnifique et inoubliable cependant. La barrière de corail, l’eau transparente et sauvage, le sable granuleux, les arbres monstrueux de la plaine aride, les pistes de terre rouge. Les femmes parées de mille tissus colorés, les hommes pressants quasi nus, les enfants joyeux, faisaient de cette terre le berceau capricieux de notre civilisation d’exilés.

Effrayante, la barrière de corail est exponentiellement aussi violente que la transparence de ces vagues ébloui. Utopiques et intarissables paysages de savane. Babel à portée de main.

Malheureusement, ou de part la magie émanant de cet endroit, j’ai été happée par des masques africains qui trônaient à l’entrée de la plage. Représentants des visages tribaux, petits et grands, peints ou naturels. Ils semblaient vouloir envouter ceux qui osaient les regarder. C’était déjà trop tard pour moi. Sensibilité exacerbée.

À des milliers de kilomètres de la France, accompagnée de celui qui devint plus tard le père de mes enfants, j’ai commis l’erreur fatidique. Me souvenir de mon rêve.

Imaginez. Imaginer celui qui guiderait sa vie n’est il pas une forme d’abandon ? Laisser faire. Observer simplement l’illusion qu’il soit possible de mourir dans ses bras. L’illusion de le savoir mon double, mon opposé, mon bourreau, mon maître, mon pire cauchemar et mon plus beau rêve. Quelqu’un qui guérirait pour mieux me regarder souffrir. Contente de pouvoir faire sa connaissance.

L’un de ces masques a prôné longtemps dans mon salon, deux autres ont été ramenés en France. Encore naïve à l’époque. Ils tracent un destin qui devait déjà avoir été écrit sur les tablettes sacrées. Écouter. S’écouter. Les autres et les signes.

Lorsqu’on est jeune on pense toujours que quelqu’un vous attend quelque part. Comme les masques africains qui m’avaient éblouis ce jour là, ce fut peut être une question de feeling. Puis s’apercevoir que la magie opère uniquement si le corps est apte à recevoir ce fabuleux cadeau d’éveil à la vie.

Être confrontée à la maladie fait partie intégrante du processus de résilience, citée maintes fois. Lui même devenu la fondation primordiale de guérison. Qui de nous est le plus malade ?

Les évènements face auxquels nous devons rester forts et humbles ne sont pas tous évitables. Néanmoins, les accepter n’implique pas que vous les tolériez. Faire fi. Et continuer à avancer pourtant. Ensemble.

La douleur s’organise dans le même processus. Il est inutile de crier, hurler ou même pleurer car la piqûre devra être effectuée. Pleurnicher n’aide en rien.

Certains me trouvent insensible désormais. Trop dure, voire impassible. Peut être parce que mon cœur se contente de survivre. J’ai déjà évoqué la notion de fonction vitale.

Du roseau ou du chêne, je revendique la force de mes racines. Impossible pour moi de plier, je préfère attendre d’être foudroyée. À moins que ce ne soit déjà fait.

Là où j’habitais avant, il y avait un grand chêne. Mort depuis les violents orages de 95. Personne n’osera jamais le déraciner. Il est l’histoire de mille vies, mille baisers, mille rires abrités sous ces branches.

J’aime le bois pour cette raison : son intemporalité me fascine. Même coupé, taillé, sculpté, peint, vernis, raboté, trempé, cloué, vissé, bandé, il a le pouvoir de transmettre des vibrations à son contact. Toute une vie dans ses nervures. Il est un feu et une maison. Ton instrument et ton lit. Mon bateau, mon radeau.

Interchangeable et multiple, si l’on ne peut plus voler, il n’y qu’à se laisser glisser. Flotter. Assis à côté, j’ai mille histoires à te lire. Ou les écrire sur le papier que tu m’offres.

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