ribambel’o’mimosa

Assis là dans la grande salle rectangulaire, regarder son environnement permet de se soustraire à lui. Le temps prends alors une toute nouvelle dimension. Attentif à chaque détail, il devient finalement l’instant pause tant espéré dans un quotidien réformé .

Bien que les sièges soient toujours très inconfortables, sentir la tension des malades à côté, redonne l’espoir de réponses édulcorées. Raides et froides, les assises font alors prendre conscience de la vitalité qui émane du corps.

Quelques tableaux, joyeuses reproductions, égaient volontiers l’endroit. Les consignes de sécurité, le plan de sortie d’urgence et depuis peu, les consignes sanitaires rappellent l’endroit où l’on se situe. Accompagné, c’est souvent le patient qui rassure l’autre, devenu angoissé au plus haut point.

Moi je regarde les gens, essayant d’imaginer leur vie. Les bras souvent encombrés de papiers, ordonnances, comptes rendus, clés, cannes ou parapluies, beaucoup se fâchent à se moment là. Un siège sur deux condamné me remémore les derniers rubalises utilisés pour l’événement brûlant du rallye passé. J’efface vite cette pensée.

L’impression furtive de la persistance des atrocités subies, ne suffit même pas à détourner le calme imprégnant mon état. Une légère tension vibrant dans le dos peut être. Le bruit des machines est rassurant à cet instant. Les rires de vos enfants me font sourire. Le bleu peint aux murs est à déplorer par son manque de vivacité. Je finis toujours ma course visuelle par la fenêtre au bout du couloir.

Je repense a vos écrits et les pensées libérées à ces lectures. Tous ne sont pas novateurs, mais le dernier titre a conforté les dernières.  »Sentinelle » n’est ce pas là, le mot en parfaite adéquation avec ce mal qui nous envahit ? Il acclame certains des principaux acteurs initiateurs du mal: la contrainte, la domination et le négativisme. J’ai adoré reconnaître l’histoire imposée de ma vie. Je pleins désormais les leurs.

http://psychiatrie.histoire.free.fr/lexiq/lex/nega.htm

La semaine passée, violente, m’a confortée dans le chemin engagé. Et à relire ce livre encore plus. S’entourer de positivisme, de gens enthousiastes et de joies.  »le stress n’est pas une cause mais un facteur aggravant multi factoriel de la SEP. Il participe aussi à la survenue de nouvelles crises. C’est pourquoi privilégier des liens, des activités et des fréquentations zen est très important ». Cultiver l »’optimisme volontaire » est nécessaire. Oups. Comment cette notion a t’elle pût m’échapper ?

Les répercussions sont flagrantes. Plus de jambe, plus de bras, clavier mon sauveur. Piques niques et bases amicales fondamentales éclairent l’axe du prochain virage. J’ai hâte.

 »Aujourd’hui je me suis étendu près d’une jeune fille pure comme sur le bord d’un océan blanc,

comme au centre d’une ardente étoile d’espace lent.

De son regard longuement vert, la lumière tombait comme une eau sèche,

en de transparents et de profonds cercles de force fraîche.

Seins dressés comme un feu à deux flammes

flambaient au-dessus de deux régions,

et en double fleuve arrivaient à ses pieds grands et clairs.

Un climat d’or commençait à mûrir

les longitudes diurnes de son corps

l’emplissant de fruits débordants,

d’un feu occulte. »

Angela Adonica.

Résidence sur la terre. Pablo Neruda

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