ombres et lumières

Une fabuleuse conquête de liberté. Monté ensemble depuis maintenant 2 ans, le projet d’une vie. Les révéler pour mieux les délivrer. Les écouter pour enfin les apaiser. Les entendre crier , les voir pleurer. Réunis enfin et révélé à tous, un acte militant, pour lui, pour elles, pour tous.

Du fond des ténèbres, se hisser pour rejaillir. De fermés et engloutis, les visages s’éclairent de nouveau. Les têtes de redressent. Les voiles sont tombés, les yeux se sont éclairés. Ébahie de ce mouvement commun. Des femmes réunies par des femmes. Observées par un homme. Illusoire ? Aucunement. Réaliste et perspicace. Beau et intime. Juste vrai. Honnête et sincère.

Un seul homme au regard aguerri, tant des plus monstrueuses souffrances que des bonheurs foncièrement resplendissants. La torture et le plaisir. Avec toujours la même objectivité. Le regard neuf et ciselé du Sage. Le seul qui nous a fait confiance. Le seul qui a su écouter. Il a décelé dans chacune d’entre nous, la souffrance cachée. L’œil du photographe.

Qui aurait pu croire que ces femmes meurtries de toutes parts, fassent confiance au regard d’un inconnu ? L’idée était loin d’être acquise. Les peurs loin d’être évoquées, les violences impossibles à avouer. Il est parvenu à les afficher. Les immortaliser pour marquer le point zéro. Ou plutôt celui de départ.

Il a su écouter, patiemment et intelligemment, le moindre de nos maux. Sans jamais interférer à l’énonciation des faits. Au summum de son expertise, la finesse du choix des couleurs, des lumières et des sons.

Nous nous sommes donc dévoilées. Laissant ressurgir les plus violentes abnégations de nos relations. Personnelles et intimes. Sans honte ni modération, puisqu’il s’agissait d’écouter, pour lui. De parler, pour nous. Une confidence suprême. Comprendre enfin, comment on arrive à magnifier la douleur. Un art classique et contemporain à la fois.

Il a su filmer les peurs sans les interpréter. Il a su photographier les ombres sans les éclabousser. Donnant, redonnant l’estime de soi à des femmes piétinées.

Dans une vie, il y a des rencontres qui s’oublient, imposant à la mémoire de se cloisonner. Et il y a celles qui offrent une seconde chance. Rebondir pour s’envoler. Et non plus écouter pour se soumettre. Reprendre le contrôle de soi. Devenir maîtresse de sa propre voix, l’unique voie. Parler pour renaître. Merci pour la cohésion. Merci pour la lumière.

 »l’art de la photographie est d’immortaliser des portraits muets, et d’en faire naître des portraits parlants ». Remy Donnadieu.

Parce qu’on n’oublie jamais. Rien.

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