rouge ou noir ?

Rouge ou noir à croire que,

mais ils regardent sans voir,

les lumières bleues d’espoir,

et les bateaux trop vieux.

Révélés à leurs yeux,

des cœurs encore meurtris,

des corps endoloris,

ils souffrent toujours là.

Du haut du monticule,

de sa superbe émule,

d’un doré flamboyant,

majestueuse et pourtant.

A leur gauche bourdonnant,

l’hélico pâles au vent.

Voyaient ils le contraste,

de l’amour et du faste ?

Chambre sinistre et noire,

leurs yeux lucides et grands,

tristes ombres en partant,

au plaisir de s’échoir.

Ils vomirent ce mouroir

mais sourirent cependant,

La dame garde leurs joies.

les rassure et s’émoie.

Leur désignant la lune

qui caresse les bras.

Elle surveille leurs peurs

et calfeutre leurs pas.

Que vous ne soyez gré

d’honorer sa présence,

paisible et colorée,

rouge brulant sans offense.

La classe douce à côté,

décomplexe leur présence.

D’embraser cette chambre,

et la seringue plantée.

Douter de l’espace temps

serait violer leur âme.

Puis éclairer de rouge,

l’hôpital abimé.

Ils rirent d’être élevés,

et pouvoir l’embrasser.

Si jamais vous montez,

au goulet de l’Office;

notez les lumières claires,

le chenal escarpé.

La route non tracée,

de cette dame dorée.

Croyants ou même athées,

nul ne peut ignorer.

La fluidité des genres,

du chemin découvert.

La dame choie l’horizon,

et chante sa portée.

Echafaudant les sens

de leurs plaies déplacées.

Si d’augure vous pleurez,

l’inconvenance de sa place,

Laissez corps et âme là,

s’enrôler et vibrer.

La route est terminée,

vous n’avez qu’à aimer.

Cet instant et après,

jusqu’à l’éternité.

« Pas de facteur ! pas de lettres !

Y en a t-il une de perdue ? – Je suis sériseusement inquiet.

Ce n’est pas gentil de me laisser si longtemps sans nouvelles ».

Gustave Flaubert.

(Lettre du vendredi 5 janvier 1877 à sa nièce Caroline)

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