esther et les magnifié(e)s

C’était devenu l’étrange partie d’un jeu bien connu. Décliné en film ou en mauvais roman de gare. Comme la scénarisation d’un road movie de la nouvelle vague. Avec en tête, quelques uns des classiques découverts plus jeunes, ils tentaient d’élaborer, avec une persévérance flagrante, une fin heureuse et joyeuse. Etaient-ils finalement déjà liés ? Obstinés, ils ignoraient -volontairement- certaines scènes déteintes par le temps. Leur vie passée ayant déjà grisé une grande partie de leur mémoire réciproque, ils s’étaient trouvé dans la douleur du verbe.

Honnêtement, il aurait été plus facile d’imaginer leurs combats telle la gestion quotidienne d’adolescent(e)s en mal d’aventure, version Jumanji. Car ils se retrouvaient toujours malencontreusement plongés dans un monde parallèle, effrayant et fantastique à souhait, augurant plus du récit épistolaire que de la farce. Dans celle ci, les bonnes réponses auraient pu leur permettre d’avancer vers l’étape suivante, passer un niveau supérieur restant l’objectif initial. Mais relire le dernier chapitre permettait de ne pas oublier les détails qui changent le cour du récit. Valorisant en parallèle, l’ampleur et la portée d’un seul et unique mot, l’assemblage correct des lettres adéquates.

Sauf qu’à cette étape, la souffrance, décuple la force. C’est plutôt magique d’ailleurs. 48 heures non stop, entourés de spécialistes qui aident à trouver les bonnes réponses, à base de récits croisés qui s’entrechoquent. Impossible de baisser les bras ou de s’abstenir. Gérer l’urgence. Sans frein ni retenue. Présent(e).

Ainsi, en se remémorant les jours antérieurs, ils semblaient disposés à affronter le regard de l’autre . Et après plusieurs mois de houle, et de rdv manqués, il s’agissait de ne pas ignorer le chapitre de l’adversité. Ils revenaient de loin déjà, plus courageux, plus téméraires, ils s’amusaient des mains tendues pour participer à la bataille. Admirant déjà pouvoir constituer l’union, ils se lancèrent donc dans la cohésion de pensées. Les belles misérables de la littérature, en passant par les sombres chipies du cinéma ou les diaboliques super-héros de Marvel aux mangas, sachant pertinemment que la femme est l’avenir de l’humanité. Il écouterait, peut être. Flagrantes constatations d’un mouvement précurseur.

Mâture plus jeune, plus résistante à la douleur, évoluant en perpétuelle résilience, il fallait faire preuve d’autonomie et de bravoure au combat. J’aime ceux qui font partie de cet attelage . En harmonie avec le but final, ils sont devenus des guides pour le quotidien. Déployant d’étranges armes colorées, ils sont les chiffres qui composent le code d’accès. Les mathématiques en mue d’espoirs incertains. Préférant utiliser les mots pour relier leurs idées, une porte s’ouvre, une autre se ferme. Pris au piège ou libérés, ils ne semblent point altérés par le temps. Patients, ils se servent, avec dextérité, de leurs doutes communs pour éviter de faillir.

En vain pour moi. Les mains sont devenues glacées, et la belle m’a reprise de volée. Seule la pensée d’un tout, me permets encore d’écrire.

Merci donc, Esther, Salomé, Dante, Phoebus, Louise, Emma et Julien pour vos mots et vos notes. J’aime votre regard neuf et l’étoile brillante de votre âme. Merci pour le soutien salvateur de ce week end, vos liens me font grandir un peu plus chaque jour. Merci de me relire et me corriger Professeur, nos voix mêlées guident le chemin. Le sien, le mien, le votre m’enclin.

 »Suis-je amoureux ? – Oui, puisque j’attend. » L’autre, lui, n’attend jamais. Parfois, je veux jouer à celui qui n’attends pas; j’essaye de m’occuper ailleurs, d’arriver en retard; mais, à ce jeu, je perds toujours: quoi que je fasse, je me retrouve désœuvré, exact, voire en avance. L’identité fatale de l’amoureux n’est rien d’autre que: je suis celui qui attend.

Roland Barthes –Fragments d’un discours amoureux

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