Simone

La première fois que vous entrez dans un mémorial, s’impose un sentiment profond de compassion. L’unique visite du camp de Birkenau a profondément changé ma vie.

Trop petite pour supporter l’intense effrois qui vomissait de cet endroit, j’en ai toujours voulu d’avoir à visionner les photos et l’histoire soufflant là bas. Naïvement, inconsciemment, mes parents avaient organisé une sortie pour ne pas oublier. J’avais quoi, 7/8 ans. J’ai longtemps crû que j’étais plus âgée mais si cela avait été le cas j’en aurai certainement parlé avec eux. Ce qui n’a pas été fait . Même écrire à ce sujet m’est encore compliqué. Je ne le ferai pas.

Comme c’est une famille qui s’est construite sur le mensonge, les seules questions abordées sont déjà préparées à tolérer les tromperies. Continuant innocemment à l’accepter, les visites chez ma toute première psychologue m’ont aidées à démontrer que je n’avais qu’à m’en faire une force. Ainsi, à l’époque, lorsque l’on porte un nom comme le mien, nombreux sont ceux qui l’utilisaient pour me cracher au visage. Maintenant les gens sont plus sournois. Ils n’osent pas mais supposent, tant incultes et déplorables qu’ils sont.

Implorant pendant longtemps de connaître la vérité, cette force que j’ ai construite m’extrait désormais du chagrin et des doutes. Il m’aura fallu une vie pour l’accepter. Une vidéo regardée aujourd’hui me conforte dans mes choix. Trop complexe à expliquer là, comprenne qui voudra.

Les trains, les yeux, l’argent, et TON NOM FAMILLE.

D’ailleurs, après mes enfants la première chose que j’ai faite à mon divorce, cela aura bien été de récupérer mon nom de famille. Il est mon identité propre et unique. Personnel et inaltérable, il m’a façonné, il m’a grandi. Ceux qui restent à terre ou qui écrasent ne m’intéressent pas.

Pour eux.

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