terre mer(e)

Bien étrange est le voyage de celui qui n’a pas de destinée. Attendre et rentrer dans la folie, ou avancer mais continuer de digresser ? Pitoyable traversée que celle de l’éveillé, serait elle comparable à celle du rêveur ?

Sortir de la réalité et être perpétuellement ramené à la déchéance de cette dernière. 50 ans, toute jolie, brune et sensible, intimement liée à un merveilleux pompier depuis de nombreuses années et pourtant, déprimée. Pas de bébé, le temps a fait que ce bonheur ne devait pas lui être accordé. Isolés tous les deux dans les fins fonds des territoires agricoles français. Une scientifique experte en recherche médicale mais profondément désabusée.

1 journée de discussions passionnées après, c’est elle qui me félicite. Je lui ai pourtant expliqué les difficultés, la violence, la solitude, les manipulations, mais elle continue à rester ébahie. Je ne sais pas, finalement, si je ne préfèrerais pas sa place à la mienne. On devrait pouvoir interchanger les places de chacun de temps en temps. Juste le temps d’une journée, ou d’un week-end. Peut être que vous pourriez comprendre les difficultés du quotidien, peut être que je pourrais compatir aux vôtres. Étrange pensée.

Qui a dit que la nature de l’homme est de ne pas savoir se contenter de ce qu’il possède ? N’est ce pas d’ailleurs ce qui lui permet d’avancer ?

Mais lorsque l’on pense être arrivé au bout, que peut on encore espérer pour la suite ? Je crois que j’avais déjà écrit à ce sujet. Se battre pour ses convictions mais se battre à armes égales. La race humaine semble toujours avoir comme ultime but de se placer dans l’élite. Moi je ne suis pas une compétitrice. Avant oui, lorsque je faisais des compétitions de natation, j’étais toujours contente d’avoir amélioré mon temps. Surtout au 100m dos crawlé, ma spécialité hihihi. J’avais quoi, 10/12 ans. J’en ai 35 de plus aujourd’hui, ce temps là est révolu.

Je n’avais pas d’ambition, suivant une ligne de conduite déjà tracée pour moi par d’autres. Que les temps ont changé. À moins que je n’aie complétement renversé les objectifs éducatifs de la génération passée. Je suis certaine de ne pas me tromper. Cependant, cette démarche est purement personnelle et n’engage que mes enfants et moi-même. À la vue de notre histoire et de nos vécus. Comme jouer un coup de poker sur l’avenir. Uniquement envisageable lorsque l’on a une profonde confiance en ces  »petits ». J’ai l’instinct d’un animal maintenant. N’étant même plus effrayée par l’échec, l’équation ne peut que fonctionner. J’y crois. Moitié loup/moitié poisson. J’aimerai savoir dessiner cette représentation.

Ma pote m’a dit qu’elle comprenait pourquoi je pouvais agacer certaines personnes. On a rit. Tellement joyeusement. Ça éclaire la vie de rire avec ceux qu’on aime. Et puis, parler avec les gens qui comprennent vite c’est rassurant. C’est une horreur d’écrire ça. Mais je n’aime pas expliquer. C’est pour ça que j’aime les musiques décontextualisées. Y’a pas à devoir expliquer, où tu aimes où tu détestes. Et les paroles tu les exprimes ailleurs, c’est mieux. D’ailleurs presque tous mes morceaux préférés sont des instrumentaux.

Je dois avoir un problème à régler avec les mots. lol. Méchants ou déplacés ils me rendent muette. Amoureux ou enjoués ils me font pleurer. Mais tout va bien, j’ai réellement accepté cette hypersensibilité depuis peu. Dois je avouer ? À moins que je ne l’aie déjà fait. Là où l’on habite, avant d’arriver à la mer, on doit conduire le long d’une descente vers la grande bleue. Les montagnes surveillent toujours, de leur fabuleuse immensité, cette avancée. Voilà, 5 secondes après le sommet, sur la redescente, elle apparaît. J’ai la gorge toujours serrée, je n’arrive plus à avaler ma salive. Lorsque je suis sur le point d’imploser, je garde les yeux sur la route, puis je les lève, commence alors une pénible déglutition et mes yeux s’embuent de larmes.

Nouveaux exercices en Pilate aujourd’hui, mais, purée… nager, je vais bloquer là dessus. Quand tu glisses en brasse et que ta tête plonge , tu te sens tellement vivant que tu pourrais traverser les océans. Léger comme une plume, rapide comme un dauphin. Là dessous, on oublie tout. Les sons deviennent sourds et profonds alors on a envie de plonger au fond. Dis docteur, tu crois que c’est normal d’avoir envie d’immensité ?

2 réflexions sur « terre mer(e) »

  1. Ca me fait rêver d être si bien en nageant!

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    1. oui, grisante apesanteur, pour moi nager c’est le retour aux sources !!!

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