24h

C’est difficile de trouver, retrouver une place dans le cycle du soleil. Est ce que je souhaiterais retrouver celle d’avant où est ce que je devrais en créer une nouvelle ? Rien n’est simple, plus rien ne me satisfait. L’impression morose de n’être plus bonne à rien. Fatiguée. Et tous ces sentiments à gérer.

Je déteste cette sensation. Je déteste l’hiver. Mais la neige me manque, les montagnes et la mer, les arbres et le bruit. Le soleil brûlant. Un ami m’avait dit que je vivais dans un cercueil, je commence à comprendre pourquoi. Les signes colorés que j’essaie d’émettre n’ont plus de résonance. J’écoute, j’entends vos mots mais je n’arrive plus à vous apporter de réponses. Aller se poser en terrasse, à discuter devant une bière ou un café est interdit depuis trop longtemps. Maintenant on fait quoi ? On meurt seul ? On pleure seul ? Aucun intérêt d’être en bonne santé si je ne peux plus serrrer mes amis pour les réconforter.

On demande à nos enfants de bien travailler mais 3/4 des profs ne donnent plus cours, les potes partagent des apéros en visio et les copines sont encore plus déprimées que la moyenne. Forcément ca me fâche.

Les gens que j’aime ne m’entendent plus, ils ne voient plus les couleurs que je leur dessine. Endosser le rôle de père, mère, et fille cumulés, et en symbiose; c’est trop à force. Répondre aux attentes de chacun devient compliqué pour mes petites épaules. Moi à la base je voudrais juste nager et sentir l’air chaud dans mon cou. Purée, j’arrive même pas à déprimer. J’ai acheté les premières graines à planter pour le printemps. Et le premier article écrit pour l’association va être diffusé, comme je n’aurai jamais pu imaginer. On nous demande aussi de ne plus se parler pour ne pas risquer de se contaminer les uns les autres. Non mais on va où ?

Remarque, tant que l’on continue à faire des rêves c’est bon signe. Alors il faut garder espoir, boire un bon vin, écrire et se projeter. Enfin, pour moi. Toutes les nuits je rêve. De toi, d’eux, de vous, de nous. Putain, et ce merveilleux soleil qui continue de nous saluer. Et cette drôle de lune qui lui donne la répartie.

 »Regarde de tous tes yeux, regarde »

Jules Verne, Michel Strogoff

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close