8ème ciel

J’ai longtemps hésité à écrire cet article. Qui me lirait, vers quoi ce blog évoluerait, à qui suis-je censée m’adresser, dans quel but ? Je connaissais déjà ces réponses et je me connais déjà moi même, alors était-il si évident ou nécessaire de partager de tels ressentis ? Puis, je me suis dis que certains avaient peut être encore quelques doutes ou interrogations.

Face à une porte, qui ose avouer qu’il ne souhaite pas savoir ce qu’il s’y passe derrière ? Quel secret scrupuleusement caché ou quelle flagrante évidence longtemps imaginés pouvaient bien se dissimuler, calfeutrés là en sourdine?

Née dans les années 70, j’aime cette génération qui a permis aux jeunes, femmes notamment, d’ouvrir les portes, de casser les codes (libération sexuelle, prise de conscience des problématiques écologiques, mode, jeux vidéo, économie, société).

S’émanciper était devenu impératif pour cette génération d’après les fameuses « glorieuses ». Mais je souhaite écrire qu’au sujet des femmes aujourd’hui, puisque c’est d’elles dont il s’agit et je ne peux témoigner que de leurs propres émotions, à la vue de notre genre commun.

À l’origine de ce choix, un article paru sur un feuillet régional de mes amis d’une association de paralysés que je ne citerai pas, oups, ayant déjà eu plusieurs échanges tumultueux avec eux; il me semblait pourtant important de resituer le contexte du handicap. Ce fameux article renvoie vers un lien de site de rencontre réservé exclusivement aux personnes handicapées. Pourquoi ?

Le handicap est une brèche dans le déploiement de la vie, le mieux serait de le prendre comme un cadeau, bien que le cheminement spirituel soit long pour parvenir à totalement l’accepter comme tel. Considérons, considérez, cependant, que nous sommes les mêmes; accidentés ou pas, ébréchés ou pas. Maintenant que nous sommes arrivés à une époque de désinhibition excessive au grand damne des anciens et à ma propre stupéfaction; qu’en est il réellement de la vie intime des personnes en situation de handicap ? Pensez-vous qu’à l’identique des personnes en situation de surpoids, dépression, dépendance nicotinique ou alcooliques, drogués, amputés, la vie perdure et exulte quoi qu’il advienne ? Ou bien pensez-vous que nous sommes définitivement condamnés à la tristesse et à la douleur, à la soumission ou à l’addictologie ?

Moins fréquemment peut être, de façon plus intrinsèque ou plus laborieusement, mais la vie est là pour nous aussi, elle brille et chauffe, palpite et vibre tout autant que n’importe quel être alpha. Pourquoi s’obstiner à vouloir ranger les gens différents dans des cases construites sur des aprioris ou contraires à la normalité ? Qu’est ce que la normalité d’ailleurs ? Nous sommes tous humains, enfin, tous issus de la même race j’entends; parce que certaines personnes ne le sont plus du tout -humains- pour le coup.

Espèce: la définition la plus communément citée est celle du concept biologique de l’espèce énoncé par Ernst Mayr (1942) : « les espèces sont des groupes de populations naturelles, effectivement ou potentiellement interfécondes, qui sont génétiquement isolées d’autres groupes similaires ». À cette définition, il a ensuite été rajouté que cette espèce doit pouvoir engendrer une progéniture viable et féconde. Ainsi, l’espèce est la plus grande unité de population au sein de laquelle le flux génétique est possible dans des conditions naturelles, les individus d’une même espèce étant génétiquement isolés d’autres ensembles équivalents du point de vue reproductif.

Lorsque l’on est différent, on a aussi, comme tous, une partie de mystère que l’on cache soigneusement au fin fond de notre adversité. Et c’est bien mieux ainsi. J’appelle ça la grandeur d’âme. Oser se l’avouer à soi même et l’assumer est nécessaire. Les plus responsables parviennent même à échanger avec autrui à ce sujet. Assumer ses vices autant que ses excellences devient une dignité pour l’ego, paradoxal. Car , en vrai, et depuis la nuit des temps, chaque partie de nous, chacune de nos action s’élève et se construit autour et en fonction des bases du Yin et du Yang.

http://www.histophilo.com/yin_et_yang.php

Dans la philosophie chinoise, le yin (chinois simplifié : 阴 ; chinois traditionnel : 陰, pinyin : yīn) et le yang (traditionnel : 陽, simplifié : 阳, pinyin : yáng) sont deux catégories complémentaires, qui sont utilisées dans l’analyse de tous les phénomènes de la vie et du cosmos. Ce ne sont en rien des substances, ni des « forces » ou des « énergies » mais ce sont simplement des étiquettes pour qualifier les composantes différentes d’une dualité, qui sont à la fois, opposées et complémentaires. Le yin et le yang n’existent pas en eux-mêmes ni hors d’une relation les liant.

Le blanc et le noir, et plein de fabuleuses couleurs entre les deux, mais jamais de demie mesure. Le gris ne doit jamais être envisageable. Comme tous, nous avons donc des envies, des besoins, des nécessités, des blocages, des peurs, des angoisses, qui nous animent ou qui nous rongent. Nous cachons les mêmes doutes, et nous devons effectuer un travail intellectuel similaire au votre afin de trouver sa route, son Moi. Alors, que se passe t’il derrière la fameuse porte interdite de l’intimité ? Pareil, nous recherchons tous le plaisir suprême, la jouissance magnifiée, le partage de la brûlure du feu des corps, en harmonie et sans adversité. Juste une fusion. Certains parviennent même à une suprématie issue du travail énergétique de leur cortex. L’écho cérébral j’aimerais écrire. Complexe. Trop.

Si l’on a la chance d’être en couple, bien accompagné, cheminant conjointement vers une évolution positive tant commune qu’individuelle, c’est fabuleux. Trop rares sont les conjoints qui parviennent à assumer cette complémentarité d’évolution avec l’autre. Ceux-là -trop rares-passent le cap de l’exceptionnalité, tels un trésor absolu. Si l’on est seul, ce ne devrait pas être plus compliqué. Ce qui m’amène à la notion -encore- de délivrance. Délivrance de soi, de son corps et de son mental. Nous sommes à même de rencontrer tout type de personne, valide ou invalide, seule l’implication générée permet de construire. L’ exigence primordiale devant rester l’honnêteté et la confiance, avec tous et ensemble. Par exemple, certains préfèrent annoncer leur handicap dès le départ d’une nouvelle rencontre, au risque de faire fuir leur prétendant(e), tandis que d’autres, dissimulateurs (trices), préfèrent profiter d’un cour instant de plaisir. Au risque de se retrouver rapidement -ou pas- (la valeur temps restant subjective), à la case départ, une fois le mouvement relationnel et charnel consommé. Il n’y a pas dix mille combinaisons possibles encore moins de repentir envisageable. Une multitude d’autres expériences individuelles peuvent conforter à dessein. On dit que ces relations interpersonnelles sont basées sur 2 principes (issus de la tradition judéo-chrétienne) encore tabous en France à notre époque: l’argent, objet de honte, au même titre que le sexe. En gagner est culpabilisant, l’assumer tout autant. Ou peut être suis je encore trop radicale, naïve vraiment ? Le tout étant de savoir où l’on se place et vers quel objectif nous cherchons à nous grandir: satisfaction, reconnaissance, interaction, complémentarité ou plus globalement, vulgairement cité, le sexe ponctuel versus l’amour sincère.

On s’aime, on se protège, on se donne du plaisir, on se satisfait mutuellement, on grandit, on vieilli ensemble certains malencontreusement se marient mais là est un autre sujet. Ou bien, on a simplement besoin de mélanges corporels, brassages d’odeurs, comme d’un maillon à ajouter à la chaine du déroulé de notre quotidien devenu trop pesant, toucher l’autre, l’embrasser, sentir sa main posée ou caresser. Que nous soyons différents ou pas. Seul, ensemble, en toute autonomie, les femmes seules, les hommes seuls, chacun de son côté. Réunis étant intimement plus liant.

S’assumer, se construire en harmonie avec soi même et avec l’autre, restant ceci dit, dans la meilleure bienveillance que l’on puisse se faire communément. Une chaleureuse pensée pour l’inconscient de monsieur Freud. Et je ne parle que de mon vécu propre. Parler, ne pas se cacher, permet un gain de temps considérable. Car derrière toutes ces portes, il n’y a toujours que 2 valeurs, citées en amont, le yin et le yang: bonheur, plaisir, caresses, rêves et jouissances ou chagrin, peur, incertitudes, discrédit, souffrance. Bien plus complexe et riche que le mal et le bien. Ouvrir ces lourdes portes permet d’affronter de visu la réalité de ces contrastes. Matière et énergies circulant dans une même harmonie. Je les dessinerais là, tel un trait d’union entre rêve et réalité.

2 réflexions sur « 8ème ciel »

  1. Quel beau texte. Fascinantes portes!

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    1. Oui fascinantes carrément, merci pour le commantaire 😊

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