tristes tropiques et belles âmes

Il y a ceux qui te font grandir et ceux qui tentent de t’enterrer vivante. Les prescripteurs et les démolisseurs. Garder sa route vers l’équateur c’est bien. J’adore nager. Chacun m’a enseigné pourtant. Des uns, j’ai appris la persévérance et la constance, des autres, l’écoute et la patience. N’est ce pas de la sorte que la vie se réalise? Aurions nous pu penser à n’importe quel moment de notre existence qu’il en serait ainsi, oser douter ou se demander intérieurement s’ ils s’étaient tous condensés en une seule et même antithée ? Quelle femme, quel homme oserait imaginer qu’ils puissent représenter un danger pour nous, pour l’autre, ou qu’ils puissent être l’un des facteurs environnementaux à l’origine du développement de nos maladies, physiques ou psychiques, le fameux mal être récurrent ? Certains chercheurs en sont persuadés. Certainement correct. Ce paramètre fut l’unique raison pour laquelle j’en suis personnellement arrivée là. Gardant uniquement en objectif de développement, que les enfants sont nos guides, autant que nous sommes les leurs. Se présenter et avancer plus solidaires que jamais est devenu plus que primordial. Du premier jour de leur développement cellulaire, là au centre du ventre de la femme, ils ressentent nos émotions. Les interceptent telle une vibration, chaude et réconfortante. Si vous connaissez l’haptonomie, vous voyez qu’une simple main posée sur un ventre, est capable de transmettre autant d’énergie qu’une baguette sur une cymbale. À faire changer un rythme, ou à faire se retourner un bébé intra-utérin. Les accompagner afin d’éviter qu’ils ne reproduisent les horreurs commises par leur prédécesseurs est un acte nécessaire, justement pour les protéger d’une malheureuse carence émotionnelle. Toujours et encore d’actualité, ces problématiques entachent et bavent sur la vision que l’on puisse envisager de sa rencontre et le partage avec l’autre.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/04/olivier-duhamel-l-inceste-et-les-enfants-du-silence_6065166_3224.html

Les prescripteurs dominent, influent et condamnent à la persévérance au moins autant qu’ils ne détruisent. Arrivée là et à ce stade, le combat ne faisait que commencer. Violences, humiliations, coups, blessures, le mal -dans toute sa représentativité- est universel. Présent du nord, au sud, d’est en ouest, famille, étranger, conjoint, il se diffuse et submerge chacun des pores de l’intime. Indéniablement croissant dans le mensonge. Notre attention se doit de devenir pointilleuse, si tant est qu’elle ne le fusse jusque là. Naïfs que nous fûmes ou puissions l’avoir été. Personnellement, celui qui m’a donné la vie m’a aussi appris la volonté et le courage. Il a connu la guerre, grandi sans famille, élevé par les anciens, sans nom, sans adresse, il a développé en moi le besoin constant de liberté et d’indépendance. Il m’a appris comment et pourquoi brûler les photos. Encore des histoires de souvenirs devenus trop lourds à porter. Grand voyageur, ayant déjà effectué le tour de la terre, juste pour le plaisir de la création d’une nouvelle banque de données d’images ensoleillées. Magique. Cependant, il m’a trahi.

La constance, quant à elle, m’est venue de mon premier docteur, un maître, celui qui a découvert, avant les autres, que ma différence ne tenait pas seulement dans mon attitude, mais plutôt dans l’évident manque de liaisons entre mes neurones. lol. Grand sportif, fidèle précurseur dans le suivi de l’état de santé de chacun de ses patients, il a évoqué la SEP avant même d’avoir à effectuer le moindre contrôle chirurgical, il a eu raison sur tout. Carences, environnement familial dépravé, humiliation, mépris, dépréciation. Fantastique. Cependant, il m’a trahi.

Il ne faut jamais oublier que les démolisseurs bâtissent, pour le simple plaisir personnel de détruire ensuite l’autre, comme un simple château de sable. D’eux, j’ai appris l’écoute et la patience. Lorsque tu te fais tabasser, tu apprends rapidement à reconnaitre le bruit du moteur de la voiture du monstre, la cadence de ses pas, son rythme de vie, ses habitudes dans l’unique but d’éviter la confrontation perpétuelle. Jalousie, prétention, incompréhension. Comme un besoin viscéral d’alourdir ma peine, ils m’ont suivie, espionnée, applications interdites, réseaux sociaux bloqués, sorties et appels contrôlés. Devoir installer des mots de passe partout. S’enfermer à clé dans sa propre salle de bain, apprendre à dormir d’un seul œil, les chaussures et le jean au pied du lit, au cas où, il faille s’enfuir d’urgence. C’est triste et malheureux. J’ai aimé ces gens là, vraiment. C’était déjà trop leur accorder. En ce sens, ils m’ont appris à anticiper, et écouter, certains incestueux, ou pêcheurs invétérés, d’autres dopés à la kétamine ou souhaitant se doter d’un pitoyable et pervers pouvoir absolu, bien portants, déstabilisants.

Et puis il y a ceux qui portent. Indéniablement voire fougueusement, soufflant, respirant presque autant de notes, de cigarettes ou de whisky que j’ai de mots pour faire grandir la tête. Époustouflants. Cependant, ils m’ont encouragés.

Donner sa place à l’autre telle une chance ou un cadeau demeure un geste de confiance devenu trop rare. Caché et presque honteusement, les cœurs peinent à s’ouvrir. Désamorcer un conflit se prépare patiemment, douloureusement. Tel un accouchement. Perpétuel renouvellement. L’enfant devenu grand n’est jamais vierge de conditionnement. Tristes tropiques, accepter l’autre dans son propre environnement. La construction du libre arbitre prenant au moins la moitié d’une vie à valoriser notre âme, ou choyer la sienne, et son prochain.

Dès lors, j’aimerai pouvoir écrire sur l’amour, le fait d’en manquer ou d’en déborder.

Connaitre l’étrange émotion de l’avoir raté, d’être passée à coté, ou la passion apportée.

Dès lors, je pourrais écrire sur l’amour, la folie exacerbée ou celle qu’il contrôle.

L’illusion de ne jamais l’avoir connu, ou celle de l’avoir vraiment vécu.

Dès lors, vivre avec elle et se laisser envelopper.

Ou mourir sans lui et se refuser à l’idée de n’avoir pas su le reconnaitre.

Que devient t’on sans elle ? Que fait on pour lui ?

Dès lors, quelle locution, rend il fou ou guérit elle ?

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