déborder son contraste

Hier on m’a dit que j’aimais trop. Trop. Adverbe, définition : plus qu’il ne faudrait, de manière abusive. Comment ne pas avoir envie de vivre de manière excessive ? Je déteste l’à peu près. Ma jolie concubine n’a fait qu’accentuer cette réactivité. Qui aime vraiment la demie mesure? Question d’adaptabilité. D’intégrité.

Il s’agissait de mes enfants en l’occurrence, mais c’est applicable à maintes idiomes qui viennent détrôner les autres. Les couleurs, l’air, le bien, l’être, le toucher, le chemin, la route, le soleil, l’amour, le vin, les vibrations, quelques fois j’imagine que mon traitement est beaucoup TROP fortement dosé. Que je pourrais guérir sans toute cette drogue, cet ensemble chimique salvateur. Mais pourquoi se refuser la douceur d’un nuage, le plaisir d’une cicatrisation ?

Cela parvient jusqu’à me réveiller la nuit, la juste dose de mots doit être écrite, le parfait temps d’assimilation s’imposant de lui même après réflexion. Je suis prête pour demain. 2eme IRM. Plus rapide. Je crois qu’à force cela me fait  »disjoncter ». Le lâcher prise, dans l’exclusion de l’externe. Trop ? Pas le choix. Ça va bien comme ça. Trop ? Démultiplication fabuleuse de vie. Étrange. Les pouvoirs du cerveau. J’ai une pensée là mais je l’écrirai l’année prochaine. Trop noire.

Trop de lumière, trop de pénombre, les contrastes m’attirent tant ils donnent à réflexion. Ne serait ce pas le sens même du handicap ? La normalité devenant en elle même une différence ? Lorsque tout est simple et droit cela n’impose t’il pas une cassure ? La plus grande plénitude prenant corps dans la complète réalisation du combat. Des combats.

Dès lors qu’elle est la place de l’excès lorsque l’on se bat ? Il n’y a jamais d’excès. Bien qu’à mains nues l’affrontement ne paraisse ni intègre ni légitime, le pouvoir de notre cerveau devrait, doit, dominer cette guerre. C’est TROP le mot guerre ? Pas sûr. Interrogeons ceux qui ont gagné face à la maladie, ceux qui ont parcouru la terre entière pour retrouver leur famille, les dévoués, les champions, les amoureux, les parents, les enfants. La vie est un combat. Alors quand on me dit que je suis TROP, je réponds. Ou pas. Selon l’interlocuteur.

Car certaines choses, ou certaines personnes, n’en valent pas la peine. TROP occupée à aimer ceux que j’aime. TROP impliquée dans mon combat. De mon Moi avec son moi-même. Surmoi que tu es. Couleurs primaires versus le gris. J’adore le noir. Sic.

Le soleil se lève. Bonjour.

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