passerelle

Les écrits restent, les paroles s’envolent. Les autres ont ils perdu la lumière que renvoyaient leurs yeux d’enfant ? La joie, les rires et la chaleur du toucher ? J’ai assisté aujourd’hui à une discussion enflammée sur la folie des artistes, les poètes, les écrivains, les philosophes, les scientifiques même, quelle supériorité d’attention. Le cognitif développé dans la moindre de ces fonctionnalités. Complexe et simple. Merveilleuse extravagance.

Comprendre ou tenter de s’extraire de ce processus rassure. Un rêveur concentre l’intégralité de sa méditation à essayer de libérer sa propre imagination, parfois celle de l’autre. Tout est possible dès lors que l’on peut envisager la représentation du résultat escompté. Trop loin ? Non, juste là derrière les barreaux des doctrines actuelles de capitalisme, de bienséance ou d’autorité. Les artistes leur préférant plutôt un ensemble d’actes libertaires. Ne faut il pas être déjà tombé dans la folie pour imaginer des process d’évolution ? Tester, expérimenter, mélanger, regarder, noter, fusionner, laisser poser, ajouter de la matière et encore du temps de repos. Sortir de la zone de confort comme le préconise l’expression contemporaine. On s’en fout. Seul l’envie compte, le désir de réussir, la joie de vaincre, le plaisir de l’aboutissement. L’homme marche seul, avec difficultés quelquefois, mais de façon pérenne. Etre rétrograde est un défaut, non ?

J’ai acheté un nouveau cahier aujourd’hui. 5 minutes à toucher, choisir, caresser le papier encore vierge de mot. Le jour où je me suis mise à porter une attention particulière à la composition des spirales, j’ai réalisé qu’écrire était devenu pour moi un acte pieu. À ceux à qui j’ai écrit, ceux qui n’ont jamais répondu, ceux qui n’ont peut être jamais lu, ceux qui déchirent, brûlent ou froissent, les lettres, les livres, les photos ; voyez, lisez, soyez stupéfaits ou même saoulés, mais j’écris encore, et j’écrirai encore demain. A croire que les mots sont immortels, les pensées intarissables, l’amour exponentiel. Pas assez de temps dans une vie pour exprimer toutes ses idées. Pas assez de temps dans une nuit, les paroles s’envolent.

Car l’immensité du cerveau permet l’indéfinissable. J’ai eu mon résultat d’IRM médullaire, stable, j’ai pleuré, sans honte, mon combat est là. Le reste suit. J’adore cette phase d’expérimentation, vu qu’il n’y a rien à perdre, je joue. Histoire de poker. Chaque manche gagnée participe à une accalmie. Je retombe systématiquement en enfance, et je pourrai peindre un mur entier de couleurs. Sachant que cette quiétude ne sera que de courte durée, il faut faire vite pour en profiter un maximum. Ceci est ma route, lorsque les feux sont verts, il est interdit de stationner, il faut rouler, écrire, partager, écouter encore et lire. Ses mots et ceux des autres. Mon amie épileptique me scotche de sa bienveillance. Quelle leçon d’humilité. Quel chapitre ai-je sauté pour m’en être autant écarté ? Ma jolie SEP m’aurait elle permis de me rattraper ? Merci ma belle, ne me fustigez pas, la roue continue toujours de tourner . Quelle R-évolution !

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