l’anse

La résonance, la dissonance, la connaissance, la discordance, semblent s’être entendus sur l’examen du jour. Plus intenses et plus maîtrisées, les images accouchées vont certainement devoir s’exprimer.

Couchée, allongée dans mon lit, les mots se bousculaient pour se montrer. Je n’aurai pas dormi si je n’écrivai pas. Résonance. Tu naîs au départ de la nuque, puis remonte insidieusement vers le bas du crâne . Là, tu t’enroule lentement tout autour de lui. Résonance, si tu savais combien tes vibrations me parlent. Elles se sont étendues jusqu’à la pointe de chacun de mes orteils. Je déteste cette hypersensibilité. Comme autant de martellements frappés sur la peau; comme au temps du pointillisme. Mille couleurs peintes pour une meilleure vision d’ensemble. C’était beau dans un premier temps.

https://www.kazoart.com/blog/la-petite-histoire-du-pointillisme/

Voici donc la sensation profonde de la première partie d’IRM. Après avoir aiguillé mon esprit vers de plus lointaines contrées, je m’atristais un temps soit peu d’un nouvel assourdissement ressenti, violemment cette fois ci. Avec l’impression d’une complète trépanation. Mettant le cerveau à vif aux rayons. Et toujours cette circularité de mouvement. J’en ressens encore les sensations plus de 24 heures après. La ventilation soufflait très fort et j’étais frigorifiée de sentir l’air froid dans mon dos. Pffffff j’avais déjà épuisé mon stock de belles images et la musique passée semblait tenter de s’extraire du fin fond d’un transistor cassé. Il faudrait sérieusement penser à proposer aux malades de venir avec leur propre playlist. Après  »Les lacs du Connemara » -encore- et  »Le France » de Michel Sardou, déprimant, j’ai entendu,  »Viens danser » de Gilbert Montagné, j’ai failli me redresser du tube déjà insidieusement collé à mon visage. Oups. Bad Trip. Moi qui m’étais fait ma propre sélection de morceaux à passer dans ma tête. Very Bad Trip.

Je vous raconte ça, ça me détend : vision de zombies, leur visage puis leur corps sur les rochers de Biarritz. Il y a de cela plus de 25 ans maintenant. C’est ce qui m’avait résolu à ne plus jamais prendre aucune drogue chimique, et ce durant tout le reste de ma vie. Il faut toujours écouter, regarder les signes. Certains ne sont pas bons. C’est pas sympa. Cela me contrarie. Je n’oublie rien.

Le mental est primordial. Est arrivée la fin de la session de l’examen. Il était temps. Quand j’ai entendu le rail glisser vers l’extérieur, mes poumons se sont gonflés, j’ai respiré. Enfin pleinement. Purée, ça fait chier, je retourne faire la deuxième dans quinze jours. Heureusement que les infirmières sont merveilleuses. Accueillie comme une princesse, toutes au petit soin pour moi. Remarque, on commence à se connaître avec certaines d’entre elles, depuis le temps. Mon cas a t’il l’air si désespéré ? L’âge peut être. Beaucoup de personnes âgées en neuro hier. Le problème des rdv du soir c’est d’arriver dans un hôpital quasi vidé de toute présence humaine vivifiante. Ça m’a rappelé mon deuxième accouchement, où le bébé est tellement long à vouloir se présenter, que tu te retrouves à 2h du matin au sous sol de l’hôpital, dans une salle de travail dénuée de joie ou de couleur. Plus de médecin, plus d’anesthesiste, une infirmière qui semblait être affiliée à Kathy Bates, l’héroïne de Misery. Et un bébé qui ne veut pas se montrer. Remarque, il avait peut-être déjà ressenti le feeling de son environnement à venir. Petit Prince.

Très noir et glacé cet ensemble. Amer comme un thé trop infusé. Nécessité absolue d’apporter les couleurs. Le destin est juste posé là, mais si nous portions attention, nous pourrions noter qu’il s’accorde à donner la résonance. Résonance. Mes amis des  »femmes en mouvement » organisaient le dernier repas de l’année ce jour. 10 mois sans se voir et se retrouver enfin pour danser. Ensemble. Les yeux dans les yeux. Et les mains serrées. Fort. Enlacés, embrassés. Allez vous faire foutre avec vos gestes barrière. Quand on pleure, de joie ou de chagrin, rien ne remplacera jamais la force de deux bras serrés autour de toi. Fort. À 5, on avait donc chacun autant de bras pour se réchauffer le cœur. Je les adore, ça m’avait manqué. La roue tourne. On a planté ensemble de nouvelles graines à faire germer. Résonance tu es tellement jolie. Merci. Fais moi encore écouter. On a tiré des petits papiers au sport aujourd’hui. Chacun le sien pour préparer 2021. Sur le mien était écrit : FORCE. 🤗

7 réflexions sur « l’anse »

  1. Le duo, c’est tangerine, un morceau de Christophe inspiré par la ville de Tanger, mixé à du Vega pur jus de voix grave punk-rock

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    1. Je n’ai pas le droit de mettre le lien, c’est agaçant.

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  2. J’adore votre parallèle résonnant avec les pointillistes. Il n’y a de musique qu’interne pendant mes IRM.
    Je transforme la pulsation de la machine qui fait pschitt, pschitt,comme une base musicale de low ou hard Tech…

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    1. Je me souviens d’une opération en catastrophe, 3 jours après la première, programmée. Juste avant, en brancard vers le Bloc, j’ai pu choisir 2 morceaux aimés, vite, sans avoir le temps de réfléchir. Car l’infirmier écoutait de la musique et me fis, au bloc aussi, vous pouvez leur demander une chanson, juste avant la grande anesthésie.
      Ce furent
      Hôtel California, des Eagles
      Le duo Christophe/ alan Vega.
      Une merveille de sombrer dans la chimie avec cela en fond…

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