en épingle

L’exaltation qu’apporte la maladie, c’est d’avoir la possibilité de voir sa vie d’un autre angle. La SEP offre une autre alternative : celle de la voir, non plus t’elle qu’on la vivait, mais plutôt telle qu’il fallait qu’elle soit. Parfaitement faite pour soi. Irréaliste mais honnête et objectif.

Souvent, le travail que tu exerçais auparavant n’est plus adéquat (stress, station debout prolongées, horaires décalés sont à reconsidérer, fatigue physique, production, réflexion). Mais surtout, les centres d’intérêt changent. L’envie de prioriser le bien être devient presqu’une obligation. Personnellement, chacun des spécialistes consultés me remettaient systématiquement sur le droit chemin du Moi.

Oh la la, j’y reviendrai plus précisément car je pense que ça va être long à expliquer.
La première à m’éclairer à ce sujet, a été la première psychologue qui m’a suivi: je venais de rencontrer la SEP quelques mois auparavant et je passais pratiquement 3 heures par jour dans les transports en commun. J’adore mon métier, mais lorsqu’ au cours d’une des multiples grèves de métro, je me suis vue à la place des déportés d’Auschwitz ; j’ai reconsidéré beaucoup de choses. J’ai déjà écrit à ce sujet. Mais ce fut l’élément nécessaire à mon retour à la vie, à la lumière, au soleil.

Mais ça c’est mon côté sombre. Ma réflexion initiale de ce jour partait plutôt d’une observation fun et drôle. La nuit offrant davantage d’horizon, l’écrire m’a paru primordial. A quelle place placeriez vous l’envie par rapport au besoin ? Force est de constater que de simples crampes aux mollets me rappellent qu’on n’utilise jamais qu’une petite partie de ces muscles. Et de son cerveau (Lucy quand tu nous tiens). Comment avais-je pu oublier cet élément essentiel ?

Marcher le jour, la nuit, le soleil, la forêt, les étoiles, la lune, la nature, la vie, comment ne pas rêver d’immensité ?

Le mouvement de lacet sur la berge des chutes du fleuve, le gouffre à l’etambot, la célérité de la rampe

L’énorme passade du courant

Menant par les lumières inouïes

Et la nouveauté chimique

Les voyageurs entourés des trombes du val

Et du strom

Ce sont les conquérants du monde

Cherchant la fortune chimique personnelle

Le sport et le comfort voyagent avec eux

Ils emmènent l’éducation

Des races, des classes et des bêtes, sur ce Vaisseau

Repos et vertiges à la lumière diluvienne

Aux terribles soirs d’étude

Car de la causerie parmi les appareils, -le sang: les fleurs, le feu, les bijoux –

Des comptes agités à ce bord fuyard,

– On voit, roulant comme une digue au delà de la route hydraulique motrice.

Monstrueux, s’eclairant sans fin, – leur stock d’études –

Eux chasses dans l’extase harmonique

Et l’héroïsme de la découverte.

Aux accidents atmosphériques des plus surprenants

Un couple de jeunesse s’isole sur l’arche

– Est-ce ancienne sauvagerie qu’on pardonne ? –

Et chante et se poste.

Mouvement. Illuminations

Arthur Rimbaud

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