inertie

La terre s’est elle arrêtée de tourner ? Les gens sont dans la rue, ils marchent, c’est troublant, on ne voit pas leur visage mais on connait leur corpulence, leur taille et la longueur de leur jambes. Cela m’a surpris ce jour, un mercredi. En temps normal, la ville s’active, retour de l’école, activités sportives, artistiques ou manuelles, chacun dans sa course folle pour ne pas manquer la séance de cinéma ou le rendez vous chez le coiffeur. Cela me fait rire. Aurait il donc fallu qu’une pandémie comme celle que nous vivons actuellement viennent à bout de notre course effrénée contre la montre ? Les gens se baladent, c’est merveilleux. Enfin, vu de ma petite province, à Paris ils continuent certainement à s’activer pour ne pas manquer leur rame de métro. J’imagine. Ici les vieux ont repris goût au plaisir de se promener main dans la main. Plus de voiture roulant à tout va, le calme est revenu. J’hallucine, ça m’a complètement déboussolée tout à l’heure, pas un bruit de moteur, aucun vrombissement de moto….uniquement le bruit du chant des oiseaux. A la mi novembre, cela m’a interpelé. Je me suis souvenu des trajets que j’effectuais enfant; à l’époque, tu pouvais marcher nonchalamment au milieu de la route, aucune voiture ne t’obligeait à te ranger sur le coté, je jouais jusqu’à la nuit tombée dans le jardin et encore plus tard après.

Je comprends que ce calme provisoire puisse déprimer certaines personnes, personnellement j’adore écouter le silence. Etre attentive au moindre souffle d’air, le bruissement des feuilles que l’on s’active à ramasser avant Noel, un enfant qui joue , un autre qui rigole sur son vélo, ou le bruit d’une porte qui se ferme là bas au loin, ou peut être qu’elle s’ouvre d’ailleurs. C’est ça aussi le silence: faire travailler son imagination. Penser aux directions que les gens prennent, la personne qu’ils vont retrouver , celle qu’ils vont laisser. Jamais très loin de toutes façons, puisque c’est ainsi depuis plusieurs mois (1 km/1 heure autour de chez soi, c’est ça ? C’est interdit on nous a dit, grrrrrrrrrr . Mais en y réfléchissant, a t-on vraiment besoin d’aller loin, alors que tout est à notre porte. Le reste n’est il pas superflu ? Non essentiel ? hihihi.

J’ai de la chance finalement, en tant qu’handicapée, je ne suis même pas « fliquée » sur mes horaires de sortie, ni sur la durée d’ailleurs: toujours prendre le bon coté des choses !!! quelle chance j’ai eu de devoir m’installer avec mademoiselle la SEP à 38 ans, parce qu’ avant d’avoir à gérer ce facétieux concubinage avec elle, j’ai eu le loisir d’écrire scrupuleusement le début d’une épopée sur cette planète, ce fut un étrange voyage, semé tant de déboires que de joies. Destin chéri, as-tu fait exprès ? Beaucoup de personnes sont impactées -trop tôt- par cette maladie de merde. 18/20 ans c’est injuste. Moi j’avais déjà mes enfants, déjà visité les plus belles villes du monde, déjà mariée, déjà bafouée et offensée, puis relevée, soignée.

Christian Flèche -qu’un médecin avisé m’a fait découvrir-, parle de « l’émotion conflictuelle ». Je le site: « toute maladie a un sens biologique. Le découvrir impose de s’appuyer sur la fonction de l’organe: la peau d’être touchée, le cerveau de trouver des solutions avec sa tête, la vessie, de marquer son territoire, le colon, éliminer les saloperies… Lorsque le besoin biologique n’est pas satisfait, apparait immédiatement cette émotion conflictuelle inconfortable qui est la trace consciente d’une fonction biologique non respectée. Il l’appelle le bio-choc: c’est un évènement précis et concret dans le temps qui devient le conflit déclenchant ». Mais je m’égare, je ne vais pas vous raconter ma vie, juste qu’il faut s’écouter, parler, se manifester avant de se faire , tous les synonyme sont valables ici: abimer, détruire, enfoncer, anéantir, ruiner, dilapider, gaspiller, mon préféré, le pire, consumer; par des gens qu’on connait en plus.

J’ai oublié la moitié des choses que je voulais écrire mais ces pensées ont eu la grâce de me ramener à la réalité, j’ai finalement cédé à l’étrange pouvoir de l’encre et du papier. Pour ne plus avoir à laisser s’échapper les idées, un bloc-notes et un Bic sont revenus se poser à ma droite, je ne l’imaginait pas comme ça ce blog; néanmoins, le partage rallie et conforte mes pensées . En ces temps d’isolement forcé, n’a t-on pas déjà été si prêts ? Merci pour la présence.

« Marius avait trop peu vécu encore pour savoir que rien n’est plus imminent que l’impossible, et que ce qu’il faut toujours prévoir, c’est l’imprévu ».

Les Misérables (1862) de Victor Hugo

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