mémoire

J’aimerais écrire un livre sur le lien étroit qui se tisse entre notre mémoire interne et notre corps externe. L’enveloppe de notre personne, la matière, la chair corporelle. Certains pensent que l’on est plus productif dans le malheur que l’inverse, je pense être de ceux là.

Parce qu’à lire les publications sur nombre de réseaux sociaux, on s’aperçoit que l’on est face à 2 catégories de personnes. Ceux qui se plaignent et ceux qui construisent. Ceux qui critiquent et ceux qui avancent. J’admire ces derniers. Regardez les artistes, les peintres, musiciens, sculpteurs, dessinateurs, écrivains…n’est ce pas les plus éprouvés par la vie, qui produisent les œuvres les plus magistrales ? Aujourd’hui, cette nuit, je me pose cette problématique : de quel bénéfices je pourrais vous faire part afin de vous entraîner dans mon sillon ?

Parce ce qu’honnêtement, la vie prends une autre tournure lorsque l’on vous écoute, on vous lit, on vous attend, on vous embrasse. Ma jolie SEP se montre timide depuis que l’on s’occupe de moi, vraiment. Être entendue dans le fond de son malheur, la prise de conscience de l’irréversibilité de l’état de personne Handicapée, me fait oublier cet état. Comment pourrait on continuer à se focaliser sur son manque d’équilibre, sa perte de sensibilité ou son incapacité à marcher, lorsqu’une personne vous prend par la main ? Ce serait purement égoïste, quasiment égocentré. Je ne suis pas comme ça. J’écoute ce que l’on me dit, je veux encore apprendre, même à la moitié de ma vie. Ne commence t’elle pas d’ailleurs aujourd’hui ? J’ai marché 2 heures ce weekend, chemin escarpé dans les pierres sous un soleil radieux mais écrasant, c’était la plus belle journée depuis au moins 5 ans. Triste mais honnête.

Ça me paraît pitoyable. J’ai eu ces 2 dernières années, quelques instants de bonheur, certes, mais lorsque celui ci s’installe, vous ne semblez vraiment pas y croire. Moi si. Ma jolie concubine s’est faite toute petite, très discrète, elle semble vouloir passer la main. Normal dois je reconnaître, comment ne pas mettre chaque cellule de son corps en action lorsque une main salvatrice se pose sur vous ? Juste pour ne pas rater le moindre  »impact » de plaisir que cela vous procure. Oh bien sûr, ma démarche reste incertaine mais chaque pas n’en demeure pas moins franc et posé. Même sur les cailloux. Je reste à moitié insomniaque juste pour pouvoir me remémorer ce qui a permis que tout cela se produise. Les attentions, les notes de musique, les regards qui ont pris le dessus sur le vide et l’absence, le néant, la solitude de l’âme, le désamour et l’ignorance. Le corps, tout comme la tête sont solidaires. La mémoire construit notre vie. Je n’oublie rien, c’est d’ailleurs ce qui a causé ma perte. Mourir pour mieux renaître. Jolie SEP ma concubine c’est quand même grâce à toi que j’en suis arrivée là. Certains vont me maudire de ces propos, mais tout est vrai. Je vous mets l’affiche d’une exposition qui aura lieu le mois prochain à Manosque sur le pouvoir du langage. Elle parle des femmes battues qui renaissent d’avoir parlé. Je voudrais, par cet article, montrer que les femmes aimées renaissent de la maladie. Cette valeur est unisexe.

Alors, devrais-je admettre que, moi même, je me contredis. On peut aussi produire de l’art, même si l’on ne sombre pas dans le malheur. À moins que ce ne soit l’art qui nous permette de sortir du malheur ? J’aime trop les surréalistes pour être objective 🤗

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