tripartite

Ce qui est accablant avec cette maladie, c’est que tu dois t’obliger à aller de l’avant, chaque jour. Encore et encore, quoi qu’il advienne, et où que tu sois. Et avec qui que tu sois; sauf que la fatigue te pèse sur le moral, le corps, les épaules, insidieusement. Elle t’impose des impératifs de conception dans ton quotidien. L’acte simple du levé, c’est à dire, définit comme étant le geste de se mettre debout, se dresser sur ses pieds, devient à lui seul, une épreuve. Pour éviter de rester ou t’enfoncer dans la perte d’estime de soi, de toi; n’avancer que pour soi même parait illusoire. Nous ne sommes jamais seul. Honnêtement, si mes enfants n’étaient pas avec moi, je resterais volontiers à me lover dans le fond de mon lit. Etre bien, se sentir bien. Fuir la douleur comme la peste, parce qu’elle essaie de t’enfoncer. Mais pour quel résultat ? Perte de musculature, de faciès, oubli, abandon de son amour propre , irrespect, estime de soi. Non non non. C’est inenvisageable. Quelle serait -dans ces cas là- la nécessité de s’infliger un, deux ou trois traitements de fonds ? Normalement, ces derniers sont là pour mettre en stand bye l’évolution de la maladie, alors, cela signifierait il que je suis aussi masochiste que ça ? M’imposer une piqure quotidienne et laisser faire ? Le soulagement réel ne peut naitre que de son travail personnel. Sur soi même et de son rapport aux autres. Ce serait donner une valeur extraordinaire à l’ensemble des médecins qui nous suivent que de tout laisser reposer sur leurs épaules. La guérison, toute guérison, est un travail d’équipe. Seule on peux tout mais à deux, on gagne du temps. Je vais vous raconter une nouvelle histoire qui s’est passée il y a de cela plus de 20 ans. Je n’avais même pas le statut handicapé à l’époque. Mais ceci démontre bien la notion d’emprise et de manipulation que certaines personnes engendrent sur toi. Et la nécessité de s’en détacher pour se libérer. Les personnes qui m’on vraiment aidées à avancer, je les ai déjà citées, ils se comptent sur les doigts de la main (1 excellent médecin, 1 psychologue, 2 neurologues fantastiques, 1 ostéopathe, tous précurseurs dans leurs domaines, j’ai eu une chance inouïe de les rencontrer).

http://www.ms-sep.be/fr/infos-medicales/nouvelles-medicales/linfluence-du-stress-sur-la-sclerose-en-plaques

Car ce qui est complexe lorsque tu es en couple, ou amoureux, c’est de garder ton individualité. Ne pas se laisser « indexer » par l’autre. Qu’est ce que l’autre apprécie chez toi et vice versa; en deçà du cadre physique et charnel, les échanges vous apportent ils plénitude et sérénité, joie et épanouissement ? Les attentions que l’on vous porte sont elles douces et régulières ? Ou bien sont elles devenues -à la longue- une contrepartie d’appartenance. « je m’occupe de toi, mais toi tu ne dois pas trop être avec les autres ». « Tu m’appartiens après tout !!!!!! » gggrrrrrrrr pervers narcissiques ils s’appellent, mais avant d’en arriver là, beaucoup de personnes veulent avoir une exclusivité sur les autres. « Si je n’étais pas là, tu n’aurais jamais réussi », « si je n’avais pas payé, tu n’aurais pas pu habiter là », « si je t’avais écouté, tu serais à ramasser à la petite cuillère », « si tu m’avais écouté, tu n’en serais pas là »……..J’en passe et des meilleures. Il est largement temps de se réhabiliter. Devenir la personne que vous voulez être, celle que vous pouvez être. Avec vos atouts et vos défauts.

A l’extérieur, le personnel soignant est là pour nous guider dans nos démarches et l’acceptation de la maladie. En aucun cas, la maladie se soignera grâce à eux uniquement, mais ensemble nous y arriverons; notre équipe se fonde là. On ne peut y déroger: c’est une histoire entre le médecin, la maladie et soi même. Je déteste l’idée d’accord tripartite. Dans ces relations, il y en a toujours un qui se retrouve exclu. Un peu comme en amour ou en amitié, sauf que là, c’est la maladie qui doit se retrouvée exclue. Plus jeune j’avais une copine et on avait une amie commune, cette dernière adaptait son discours selon celle qu’ elle avait en face d’elle, dénigrant systématiquement l’autre. Et ce pour se valoriser elle, uniquement elle. De laquelle pourrais je être la proche aujourd’hui pour devenir la plus populaire auprès des autres se disait t-elle ? J’ai suivi son parcours, à jouer à ces jeux, cette dernière se retrouve seule et mal aimée. Pour info, aller voir ce film, j’adore. Regardez le attentivement encore une fois, vous verrez de quoi je parle. Hihihihi.

Pendant plus de 20 ans, j’ai vécue avec quelqu’un qui se servait de mon statut pour gonfler le sien. Valoriser l’égo de l’autre au détriment de mon altruisme était revenu à m’autoflageller. Combattre la SEP m’a réveillée. Je le redis encore une fois, une maladie vous fait prendre conscience que les réponses se trouvent en vous. Et si personne n’a assez de courage pour vous seconder, quel autre choix pourriez vous avoir que celui de vous relever seul(e) ? Je me rappellerai toute ma vie, ma première consultation chez le premier neurologue (trouver l’adresse seule, y aller seule, écouter le diagnostic seule, sortir du cabinet seule et pleurer dans la voiture, seule). Pour le meilleur et pour le pire, mooosieur le curé avait dit !!!!! MDR. A la moindre difficulté, monsieur détalle. J’admire les couples qui restent soudés face à l’adversité. N’est ce pas ça aussi , surtout, l’amour ? Une fois passé l’euphorie du début, la rencontre, les retrouvailles, les ébats, les cadeaux, les sourires, les rires, arrivent finalement les disputes, les colères, les fuites, les mensonges. La lâcheté des autres te forge finalement. Ce que tu ne peux pas construire avec autrui, va le chercher par toi même. Pose la première pierre et bâti ton édifice. Après de lourdes souffrances, il s’avère que cela fonctionne. J’ai la joie infinie de pouvoir me regarder dans le miroir chaque matin, et je suis finalement enjouée de l’inaptitude de cet autre là.

Je ne suis pas une féministe incarnée (ensemble de mouvements et d’idées philosophiques qui partagent un but commun : définir, promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. dixit Wikipédia), je dénigre simplement le patriarcat . Pour info, j’ai aimé, lisez Elysabeth Badinter, L’Un est l’Autre et la complémentarité des deux ou une révolution des mœurs en cours. Et ce sera ma conclusion.

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