bâtisseurs

Qu’est ce qui fait que l’on a confiance en telle personne ou telle autre ? Est ce parce que son discours nous parait cohérent ? Parce ce que cette personne a le même avis que nous ? Ou bien est ce que c’est juste parce qu’elle a réussi à nous convaincre par des paroles bien argumentées ? Est ce physique ? Le feeling ? Ce n’est jamais vraiment très évident. On aime ou on n’aime pas: ce boss plutôt que celui là, ce prof plutôt que tel autre. Qu’est ce qui fait émerger le feeling ? Quelqu’un croit il au pouvoir des sens ? Des valeurs ? Depuis peu, j’ai tendance à scruter chaque nouvelle personne que je rencontre. Est ce qu’elle me fait du bien, ou m’apporte des soucis ? Trop de mensonges, trop de non dits venant de nombreuses personnes de mon entourage, ça m’a rendu encore plus suspicieuse qu’avant. Les gens te promettent monts et merveilles et puis, ils disparaissent sans crier gare te laissant avec des problèmes qui te sont complètement étrangers.

La première personne en qui j’ai entièrement eu confiance c’est mon médecin de famille, parce qu’il était devenu un ami et qu’il parlait sans aucune hypocrisie. Cela m’a secoué dès le départ de notre rencontre et à l’annonce de chaque nouvelle me concernant, notamment la SEP. J’ai depuis, revu mes ambitions à la baisse: personne n’est jamais complètement franc: on ne veux pas blesser, on cherche à protéger scrupuleusement la personne ou bien on cherche à se tirer d’un mauvais pas.

Puis il y a eu le professeur Lubetsky, tellement honnête avec ses patients malgré sa petite taille, son cerveau doit contenir une montagne entière d’informations rares et très complexes, elle me fait penser à Lucy, celle de Luc Besson avec Scarlett Johansson. Elle semble tout connaitre et te répond avec une facilité déconcertante. Tout parait simple et évident avec elle. Vous avez la SEP, ok on va tout faire pour que vous soyez au mieux et ralentir la progression. Jamais de promesses, que des actes concrets. Elle ne renvoie pas la question sur le patient, parce qu’elle sait que c’est elle qui a les (prémices de) réponses. Je ne comprends pas pourquoi, en consultation, on demande à certains patients de choisir entre plusieurs traitements. Un patient reste un patient, il n’a aucune réponse, c’est illusoire de lui renvoyer la balle du choix. Nous nous connaissons, mais nous sommes dans l’incapacité de savoir ce qui va être le mieux pour nous. Personnellement, la Copaxone m’a été prescrite d’emblée. En tenant compte de mon histoire , celle de ma vie, celle de ma maladie ainsi que son évolution. Je n’ai jamais eu à m’en plaindre.

Dire ce qui ne va pas, s’en s’apitoyer, continuer à regarder et écouter, réfléchir à sa propre histoire et son vécu; et ce, afin d’éviter de reproduire les mêmes erreurs. « Bouddha a déclaré un jour que le message fondamental pouvait tenir en une seule phrase: « NE PAS S’ACCROCHER AU JE-MOI-MIEN », en d’autres termes, pas d’attachements, en particulier à des idées arrêtées sur soir même ou sur qui l’on est » cf MEDITER de Jon Kabat Zinn. Laisser entrer l’autre sans à priori. Je m’étonne moi même de vous l’écrire, mais il semblerait qu’il ne faille guère s’offusquer des erreurs de l’autre. La finalité n’est elle donc pas de pouvoir partager ? Des ressentis, des points de vue, des vécus, des expériences, et ce, afin d’avancer ensemble vers un nouveau souffle, salvateur, voire guérisseur de nos maux ? J’ai mis longtemps avant d’y croire, je suis une sauvage, j’avance pour la sauvegarde des miens, leur bien être et leur croissance fondamentale. Mais je me suis rendue compte que beaucoup sont comme moi. Sans aucun problème identitaire , leur quotidien etant celui de leur prochain. Regardez le nombre d’associations caritatives que nous avons en France, bien que, encore trop peu significatives sur le terrain, nous ne pourrions envisager d’avancer sans leurs actions régulières: LES RESTAUS DU COEUR- LES PETITS FRERES DES PAUVRES-FEDERATION FRANCAISE DES DIABETIQUES- EMMAUS- CROIX ROUGE…

Alors, pour le coup, la plénitude ne viendrait elle pas du partage avec les autres, avoir un regard différent, se laisser ausculter, au sens propre comme au sens figuré ? Je suis , j’avoue, un peu susceptible, du regard que les autres portent sur moi, cela me touche particulièrement. Voit on que je suis handicapée ? Mais, à discuter avec les plus aguerris, on apprend que l’autre peut nous enseigner sur nous même. Se voile t-on volontairement la face ? Cessons d’être égocentrés et ouvrons nous, même si cela implique d’avoir à se dévoiler quelque peu. Etre présent sur les réseaux sociaux en fait partis. Comment déployer des conseils s’ils ne sont pas partagés avec les autres ? Comment pouvoir amener à réfléchir, si nous ne transmettons pas nos propres réflexions par la parole, les écrits ou n’importe quel autre moyen d’expression ? Je n’aurai jamais pensé écrire ça un jour, mais lorsque vous commencez à avoir les retours positifs de votre « travail » de circonspection, vous vous apaisez du bien finalement transmis. Ce site en a été la première pierre, mon témoignage à une exposition de femmes battues en a été la pierre angulaire, je réfléchi encore à celle construite pour un aboutissement agréable plus que moralisateur. Mais je n’en suis qu’au début.

Chaque pas, quotidien, aussi difficile soit il, est une nouvelle épreuve. Tellement déraisonnable à envisager hier, mais tellement gratifiant une fois mis à exécution.

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