sur les rails

Lorsque j’étais jeune, j’étais plutôt speed, voulant déjà profiter de chaque moment que la vie m’offrait. Bien travailler à l’école, obtenir de bons résultats, un, deux, puis trois diplômes, du sport en veux tu en voilà ? 2 à 3 fois par semaine entre 6 et 18 ans. J’ai adoré ce rythme effréné. A toujours réfléchir à ce qui allait se passer par la suite. Vais-je y arriver, réussir, être félicitée, encouragée, reconnue ? N’étant pas une leader dans l’âme, pouvoir me faire accepter par le groupe a toujours été une gageure. Déjà paradoxale à l’époque, rentrer dans le moule et se calquer aux actions des autres n’a jamais vraiment été mon principal objectif. Déjà rebelle et différente des autres, mes contrastes m’ont toujours plus desservis qu’avantagée.

Trop grande, trop blonde, trop sportive, trop bonne élève, il était logique d’être isolée. J’ai détesté, mais ça m’a aidée à m’affirmer. Les choses ont suivies leur cour dans le rythme de la vie: première à avoir le permis, première à avoir une voiture, première à aller manifester. Je me serais détestée si je n’étais pas moi. lol. Tout s’est enchainé logiquement: première à partir de chez les parents, première à avoir un emploi -mortel job en plus-, première à avoir un appart, première à devenir indépendante, première à avoir un salaire, un cdi, etc……la roue s’est emballée, à fonctionner toujours en surrégime, il est clair que ça ne pouvait pas continuer éternellement comme ça. Remarque, si ma chère concubine -madame la sep- ne s’était pas manifestée, j’aurais peut être continué dans cette voie là. Qui sait ? Mais « le cœur a ses raisons que la raison ignore ». Pascal. Déjà l’ignorance d’autrui m’interpellait. Ne regarder que son nombril, et se focaliser sur sa personne ne correspondait pas à la vision que je me faisait de la vie. Moi qui déjà, me rendais disponible pour élaborer des projets, encourager des mouvements, soutenir des envies…j’étais en train de prendre ma place et forger ma personnalité. D’une personne dans l’acquiescement permanent, il n’a fallu que 2 ou 3 évènements majeurs se produisent pour que la balance perde son calibrage; je devenais progressivement « hors norme ». Le fameux métro-boulot-dodo converti en langage mathématique devenait (2 x 1,5 par jour) x 5 jours par semaine x 4 semaines par mois = 60 heures par mois dans les transports en commun, je vous laisse faire le calcul ramené à l’année, à une vie…..wwwwaouh !! Effrayant, mon corps n’a pas supporté, ma tête a failli exploser, je ne sais pas si à l’époque on parlait déjà de burn out, mais il me semble que ça y ressemblait fortement.

Poussée et encore poussée par la vie de famille, le politiquement correct et l’engouement domestique, cette vertigineuse berceuse m’a conforté pendant plusieurs années. Mais chassez le naturel, il revient au galop. La liberté est une valeur précieuse, et il semblait que je me perde moi même dans la frénésie de mon environnement familial. Bonjour, madame la SEP, je vous ai déjà raconté les débuts, mais lorsque tu chancelles en pleine rue à 38 ans, où bien tu viens de sortir de boite et tu es complètement ivre, ou bien il y a autre chose qui dérape. Dans ces moments là, on s’ignore tellement que tout semble possible, sauf l’impossible. J’ai pensé à rien, ne m’inquiétant même pas plus que ça, je me disais ça va passer, ça allé passer, trop fatiguée, trop fait, il faut que je me repose. Lorsque les envies suicidaires sont arrivées, je me suis dis qu’il y avait un problème. J’avais un problème. Oui, pour le coup, il a bien fallu que je me repose…depuis, je ne fait que me reposer d’ailleurs. C’est comme la musique, tu ne peux pas écouter de la techno tout le temps, à un moment donné, il faut que tu te poses. Le corps a besoin de souffler afin de pouvoir respirer, se reconstruire. Après vous connaissez l’histoire, docteurs, IRM, PL, spécialistes, neurologues……La claque. J’ai écrit ça à quelqu’un l’autre jour, n’allez jamais à des rdv médicaux importants seul (e). Avoir une épaule sur laquelle s’appuyer est primordial, pleurer accompagné est toujours moins triste, lol. Cela fait partie des images récurrentes, pleurer dans la voiture, seul face à son destin. Une fois que tu n’as plus aucune larme à laisser couler, tu t’assèches. Mais tu t’endurci aussi. D’une boule de coton, tu te transformes en pierre. Prête à affronter cette nouvelle épreuve. Il faut que cela devienne indéniable.

Cette épreuve je la prends maintenant comme un cadeau. Ralentir pour s’entendre vivre, atténuer, tempérer, freiner, mesurer, temporiser, lever le pied (merci pour l’aide monsieur synonymo). Retrouver un calme et un apaisement régulier est foncièrement nécessaire. Objecter tout ce qui ne vous ressemble pas. Parler et écoutez vous. Nous sommes les seuls responsables de nos choix.

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