renaissance

Voilà, la vie a repris sont cour, l’école, le travail, la famille, les impératifs et autres obligations. Je suis heureuse d’être sortie de ce système, n’en demeure pas moins vive la batterie de questions existentielles qui émanent à chaque rentrée scolaire; encore plus maintenant avec le covid. Fut un temps, je n’en aurais pas dormi de la nuit, fut un temps, j’aurais eu des angoisses au moins 3 jours avant la date fatidique, fut un temps, j’étais une autre. Aujourd’hui, je me pose encore la question de savoir si le travail effectué sur moi même a eu les répercussions escomptées ou si je m’exclue volontairement su système global actuel. Je crois que j’essaie de faire une judicieuse combinaison des deux. Le jour où j’ai appris la réelle signification du mot RÉSILIENCE (ces bénéfices et ces répercutions) , il m’ait apparu un nouvel objectif de vie. J’ai écris l’autre jour sur l’action menée au bord du gouffre, l’idée de réagir ne me quitte plus depuis. Ne laissons rien passer et gardons les droits qui sont les nôtres. Allons les chercher s’ils nous ont été ôtés, arrachés. Le combat est quotidien et récurrent, même handicapé, isolé, la réactivité est nécessaire.

Lorsque j’échange avec certains d’entre vous, je m’aperçois que l’abandon et le renoncement ont pris le dessus sur l’existence. C’est inconcevable. Pour qui d’autre devrait on se battre si ce n’est pour nous même ? Petite histoire: depuis que j’ai été diagnostiquée sepienne, un autre monde s’est ouvert devant moi. Plus sensible, plus attentive, plus à l’écoute, plus réactive, la vie s’étalait devant moi, vomissant, en confrontation immédiate avec la mort. J’avais le choix du chemin à suivre. Ni gothique, ni névrosée, ni folle ou encore aliénée……. mais ma sauvagerie m’a sauvée. Lorsque tu attéri dans un hôpital d’avant guerre perdu au fin fond de la dernière ligne de métro parisien,en boitant et seule, tu te sens immédiatement plongé dans un film de seconde zone . Glauque, sale et miteux. Tu fais quoi ? Tu rentres et tu vas chercher les réponses que tu cherches. Je me souviens encore, le hall était envahis de personnes âgées, ébahies, déambulant seules accrochées à leur canne. Moi, qui venais du milieu de la presse, dynamique, maquillée, volontaire, je ne me reconnaissais pas dans ce milieu qui semblait carcéral. Je vous joint ma pensée du moment à cette époque en pj.

3 jours d’hospitalisation étaient prévus (ponction lombaire et tout ce qui va avec afin de comprendre l’origine du mal). Je vous ai déjà donné 2-3 exemples de ce que j’ai vécu à ce moment là, j’ai juste oublié de vous rappeler que c’est la seule fois de ma vie où je me suis autant sentie observée, étudiée, scrutée, questionnée. J’avais honte , seule, à poil (presque mais déjà trop) devant une batterie de docteurs et d’étudiants 2 fois plus jeunes que moi qui osaient parler sur moi, devant moi. Je me sentais tellement insignifiante et si petite. Limite une merde qu’on analyse. Quand on va libérer tous ces démons chez le psy, ça fait un peu pareil. Alors que je n’y étais pour rien, juste peur de ce que l’on allait m’annoncer. La ponction lombaire passée, ce n’est rien d’ailleurs lorsque l’on a déjà vécu un accouchement sans péridurale et un autre avec des forceps; une aiguille plantée dans le milieu du dos n’est qu’une broutille. Le résultat, ou plutôt la confirmation des divers résultats, est plus douloureuse que la piqûre elle même. Cette dernière est ponctuelle, la seconde est immuable. Alors quoi faire ? S’est imposé à moi, l’espoir d’un second souffle. Quand on est hospitalisé, on a largement le temps de réfléchir au sens de la vie. J’ai penché vers une renaissance. J’avais soigneusement gardé en tête les conseils de mon gentil docteur, analysé scrupuleusement les divers choix qui s’offraient à moi, je connaissais un minimum mes capacités d’endurance (ancienne médaillée de natation) et ma réelle tolérance à la douleur. Il fallait y aller, se battre et foncer pour mon bien être.

A ce moment là, je crois que la solitude m’a permise de réfléchir sciemment à toutes les options disponibles. Je n’ai jamais été un leader, plutôt suiveuse dans l’âme, le fait d’être seule me permettait de pouvoir prendre les décisions qui s’imposaient sans avoir à être influencée par les conseils inopinés des autres. Dans le choix du neurologue, dans le choix du traitement, dans l’intégration de la maladie elle même avec mon Moi. Cela ne m’a toujours apporté que des bénéfices. Je devais rester en arrêt maladie plusieurs semaines, j’en ai profité pour m’écouter. Les premiers rdv chez la psy pour en parler où ressortent des blessures d’enfance jamais soignées jusque là. La stagnation sur le canapé où tu es confrontée au regard de ton (ex)mari qui t’en veux de ne rien faire alors que lui cour par monts et par vaux pour pallier à ton incapacité à tenir ton rôle de mère. La réflexion profonde sur l’importance de redevenir une personne à part entière même si je devais envisager la possibilité de finir en fauteuil roulant. Reconstruire un tout, le mien, à partir d’un effondrement de masse. Se reconsidérer comme appartenant à la société, malgré que celle ci veuille vous mettre de coté. Les handicapés, ça fait « tache » sur un tableau, une photo de famille; on ne veux pas les voir, ou bien on essaie de les mettre hors du champs de vision. Un handicapé, c’est fragile, ça demande du temps, qu’on n’a pas à lui accorder. En 3 semaines d’hospitalisation (parce que j’ai dû enchaîner avec des bolus de cortisone vu que tous les résultats étaient très mauvais); mes parents sont venus me voir une dizaine de fois (des après midi complets où je n’avais même plus la joie de m’empiffrer de sucreries, régime imposé) et l’ex mari 2 fois un quart d’heure, car il n’avait jamais le temps lol. Ça donne tout de suite un aperçu de acceptation de la maladie par les tiers. Néanmoins, ça ne faisait que confirmer ce que je savais déjà, c’était une première étape dans le travail de reconstruction.

Comme à mon habitude, peut être pour m’aider à expulser la colère ou comprendre moi même où je me situais, j’écrivais. Une lettre décorée pour chacun de mes enfants, plusieurs fois par semaine. Pour leur signifier ce que je devenais et ce qu’il se passait pour moi dans cet immense hôpital. Des courriers édulcorés bien sur, parce qu’ils étaient encore petits et je ne voulais pas les effrayer, mais c’était très important de les informer. Je suis toujours dans la même démarche aujourd’hui: parler, dire les choses, expliquer, avec des mots choisis et appropriés mais continuer à parler. Toujours. J’étais tellement réservée étant petite (je ne posais jamais de questions aux professeurs, ce que l’on me reprochait d’ailleurs), que maintenant, j’inonde de questions et je ne me contente jamais de réponses approximatives . 2ème étape de l’acceptation et de la renaissance, cette maladie nous appartiens, elle fait partie de nous maintenant, alors plutôt que d’essayer de la combattre (parce que jusqu’à nouvel ordre, aucun traitement curatif n’est disponible), apprenons à vivre avec elle. Par exemple, si on essaie de t’enterrer vivant, que vas tu faire ? Te laisser mourir, étouffer sous terre ou creuser la terre pour essayer de trouver un filet d’air ? Je suis coquette, je suis fille, une femme, j’aime bien le vernis à ongle, les couleurs, etc mais je vous promets que je continue à creuser chaque jour dans la terre pour garder le filet d’air qui arrive jusqu’à moi.

Alors, ça m’agace vraiment les personnes qui se plaignent inopinément. Regardez le monde marcher autour de nous, respirez l’oxygène qui entre dans votre bouche, vos narines, laissez le descendre jusqu’à votre ventre, sentez-le nous permettre de vivre. On en reviens à l’idée du cercle, pourquoi vivre ? je vous mets un lien qui porte à réflexion: http://www.psy-luxeuil.fr/article-ce-que-repondraient-kant-nietzsche-et-sartre-124136897.html. Depuis que j’ai fait le choix de vivre malgré tout, ma vision de la vie a été complètement accomplie. Je me suis affirmée, cette sep était la mienne et j’allais pouvoir en faire ce que j’en voulais: une associée, une concubine. Si je prends soin de moi, elle reste dans l’ombre, si je cherche à l’éblouir en reprenant mes anciens travers (stress, état anxiogène, recherche de compétitivité, course effrénée d’un je ne sais quoi…..), elle sais se faire comprendre et m’immobilise rapidement. Facile. Suffit de le savoir et de s’écouter. Depuis que j’ai retrouvée cette liberté, ma concubine reste effacée. Bien sur que j’aimerais encore courir et m’enflammer à la demande, mais dans quel but ? N’est ce pas plus sage d’ouvrir grand les yeux et d’apporter la plénitude à ceux qui nous entourent. Rassurer et déléguer aux générations d’après, un nouvel état d’esprit de partage et d’écoute. Etant joueuse sans être sournoise, j’ai même profité d’un regain d’énergie pour commencer 2 actions de bénévolats auprès de personnes plus en demandes que moi: les femmes battues et les personnes âgées. Il n’y a que comme ça que je puisse me sentir réellement accomplie.

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