fruits à coque

Un peu comme une noix, ou une noisette, le fruit est toujours beau de l’extérieur. Côtelé, marqué, mais, l’intérieur de sa coque est t’il aussi plein et dense ? Savoureux et ferme ? Les jeunes fruits de la nouvelle saison, oui, bien évidemment……. ceux que l’on a gardé de la saison précédente, moins. Qu’en est il de la race humaine, peut on se considérer comme vieillissant au même titre qu’un végétal ou un animal ? Ou bien avons nous notre propre structure de développement ? Je me sens rabougrie et desséchée, sans saveur et presque éteinte alors que le bonheur m’appelle.

https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-animale/animal-ou-vegetal-une-distinction-obsolete-1461.php

Qu’en penser ? J’ai regardé hier mon fils de 15 ans s’entraîner à faire des squats, cela m’a vieillie d’un coup. Me sont arrivé au visage les images de lui, bébé, encore en couches culottes, où nous étions en train de démarrer l’apprentissage de l’autonomie en matière de propreté. Inoubliable, mémorable, drôle et exaspérant en même temps; cette phase semble faire partie -dorénavant- de la période la plus heureuse de ma vie. Jeune maman, d’un garçon arrivé difficilement à un age déjà bien avancé; il restera le seul vrai cadeau que la vie ma offert. Petit trésor, presque opposé dans la vision de la vie; mais vraiment complémentaire avec moi, tant dans sa réactivité que dans ses apprentissages. Mais il est jeune encore, je crois qu’il porte vaillamment les valeurs que je lui ai enseigné et les revendique courageusement. Quel revirement cette image a engendré dans ma tete ? je m’en remets à peine. Qu’est il arrivé entre ces années dont il ne reste pas, ou peu de traces ? Comme beaucoup, les distanciations et émancipations personnelles ont eu raison d’une vie familiale trop rangée. L’arrivée de ma nouvelle concubine, la jolie SEP, confirma la conclusion d’une histoire déjà très ébranlée. Je ne rentrerai pas -volontairement ici- sur l’historique personnel de cette histoire, mais certaines réalisations, ou non de l’accompagnement a été très parlant pour moi.

Se rendre, seule à son premier rendez vous chez le neurologue, rester seule, pétrifiée à l’écoute des résultats de l’IRM. Seule les pleurs dans la voiture, seule, le retour à la maison. Seule, l’attente et la réflexion face à son avenir et la façon de pouvoir envisager les choses avec un alien à l’intérieur de son corps, de sa tète. Surtout qu’il faut savoir aller vite et se montrer réactif face à ses nouvelles obligations thérapeutiques: la piqûre, la périodicité, la fatigue, la perte de son entière autonomie. Vite vite vite car tout continue d’avancer comme toujours et l’on se retrouve cantonnée là à domicile pour une durée indéfinie. Quelle claque !!! A cette époque, je ne sait pas comment ça se passe dorénavant, mais un arrêt de 3 semaines m’a été prescrit. 3 semaines durant lesquelles j’ai eu le temps de penser, réfléchir, approfondir, décortiquer chacun des éléments qui m’a été soumis. 3 semaines immobilisée sur mon canapé, à devoir, à être dans l’obligation de trouver des excuses (lol); moi qui ai toujours été quelqu’un de dynamique et engagée. Drôle pour moi ces vacances imposées, forcées, durant lesquelles je n’ai même pas pu jouir des maintes loisirs que j’aurais pu avoir à ma disposition. Assise, devant la télé, j’ai finalement décidé d’opter pour la canne afin de pouvoir récupérer un minimum d’autonomie dans mes déplacements. Honnêtement, cette décision a été amorcée après une effroyable chute à vélo, devant mes enfants. Humiliée, décomposée, je me devais de réagir, vite vite vite, encore une fois.

Et pourtant…… grandie, réveillée, esseulée, abandonnée, les notions de vitesse et de rotation me sont réellement apparus à cette époque. Quelle autre réponse pourrait on apporter à un handicap qui n’appartiens qu’à nous même et qui effraye chaque personne de votre entourage ? Quel autre objectif peut on envisager , autre que celui de garder toute notre autonomie, notre indépendance propre. Notre individualisme. Je pense que c’est à ce moment là que j’ai décidé de faire corps avec ma jolie SEP. Quoi de plus grisant que de s’approprier un fait, un élément imposé ? Pas encore complètement liée d’amitié avec elle, j’aime à la considérer comme mon binôme personnel. On travaille ensemble à la bonne réalisation de mon devenir. Pffffff largement prétentieux et quelque peu narcissique cette réflexion, mais comme il a été dit que c’est une problématique que j’ai a régler avec moi même. ………Le plus dur étant passé…… l’avenir nous appartiens désormais ma belle. Et comme j’estime que je resterai toujours l’unique cerveau de mon corps, tu n’as plus qu’à (m)’obéir joli binôme.

Rappelle-toi : l’unique personne qui t’accompagne toute ta vie, c’est toi-même. Pablo Picasso

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