pourquoi ça tourne ?

Les éoliennes, la tête, le vent, les heures, la terre, les toupies, les 33 tours, la valse ? Parce qu’une force attractive s’exerce. Et en coordonnant cette force avec d’autres, il se produit un effet rotatif. C’est magique et enivrant, ludique et joyeux, souvent perpétuel et addictif. C’est rassurant, irremplaçable et grisant. J’adore l’évidence de cette constante. Lorsque tu apprends que tu es malade, l’avenir se dessine différemment pour toi. Beaucoup de doutes, trop -mais beaucoup d’envies- encore. Et heureusement. Alors pourquoi cette expectative ?

Le dernier grand professeur que j’ai rencontré à l’hôpital de la Timone il y a de ça 4 ans, m’a très largement rassurée sur les avancées notoires de la médecine en ce qui concerne les traitements et reconstructions possibles sur la SEP; je n’ai quasiment aucune chance de finir en fauteuil roulant. Mais quoi ? Tant mieux ? Pas si sûr, que tu sois valide ou confronté à un handicap, tu dois presque t’excuser systématiquement, de tenir ta tête droite ou de tenir sur tes jambes quoi qu’il advienne, faire du sport, ne jamais baisser les yeux, d’assumer tes convictions ou demander à travailler . Quelquefois, le gens me demandent si je suis vraiment handicapée: je tiens une conversation raisonnée, je réfléchis, je me maquille tous les matins lorsque je sors et j’entreprends encore de nouvelles activités associatives, des missions personnelles de bienveillance pour autrui (c’est étrange écrit comme ça). Souvent, et on m’en fait le reproche, les gens me fustigent lorsque je me gare sur une place réservée aux handicapés alors que je peux encore marcher. Je dois alors expliquer que j’utilise cette place parce que je ne peux pas me déplacer de plus de 500 mètres. Je me pose alors la question de savoir si je ne ferais pas mieux de laisser cette place pour les personnes qui sont en fauteuil roulant et qui n’auront de toutes façon pas la possibilité de se garer ailleurs que sur cette place qui leur est réservée. Et puis, non, pourquoi pas moi ? La SEP m’a rendue plus combattante que jamais. Hier, un ami m’a téléphoné pour me dire qu’il était au bout du rouleau suite à une séparation d’avec sa copine: résultat, 2 TS, j’en ai rajouté, je l’ai engueulé……… Rien ne justifie jamais que l’on mette fin à ces jours, la vie est belle, colorée et virevoltante; alors attrapons les bribes de bonheur qui s’échappent de sa rotation folle. Au pire, noies ton chagrin dans l’alcool ou aux sons d’une musique chamanique résonante et intrusive, mais ne baisse jamais les bras. Demain le soleil se lèvera encore, la nuit tombera aussi à son coucher, les fleurs continueront à germer et sortir de terre.

Titre : Saison des semailles (Le soir)

Poète : Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

C’est le moment crépusculaire.
J’admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s’éclaire
La dernière heure du travail.

Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D’un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
À la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense,
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,
L’ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu’aux étoiles
Le geste auguste du semeur.Victor Hugo.

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